Dans la plupart des couples, les partenaires proviennent du même milieu social. Selon l'Insee, cette tendance est particulièrement marquée en France, surtout parmi les couples qui occupent des positions sociales élevées. Cette situation contribue à accentuer les disparités de revenus et de patrimoine.
Par Neïla Beyler
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Le dicton "Qui se ressemble, s'assemble" est confirmé par la récente étude de grande envergure publiée par l'Insee. Selon le Portrait social 2023 publié jeudi par l'institut national de la statistique, qui couvre les années 2021 et 2022, il est constaté que les personnes ont tendance à choisir un partenaire appartenant au même groupe social.
Par conséquent, 40% des couples qui vivent ensemble sont composés de personnes ayant le même emploi, ce qui est appelé "homogamie". Cette proportion augmente à mesure que le statut social s'élève.
Selon une étude, l'homogamie est un phénomène relativement stable depuis les années 2000. Bien que toujours importante, elle est moins prononcée qu'elle ne l'était dans les années 1960. En effet, dans six couples sur dix, les partenaires n'appartiennent pas au même groupe social. Les femmes sont souvent en position inférieure à leur conjoint dans 42 % des cas, tandis que cela ne concerne que 20 % des hommes. Dans les couples homosexuels, l'homogamie est encore plus présente.
Les travailleurs indépendants sont présents en plus grand nombre parmi les professions supérieures (ingénieurs, cadres, chefs d'entreprise de plus de 11 salariés, enseignants, journalistes, etc.). Dans ces catégories, un couple sur deux est constitué de conjoints appartenant au même groupe professionnel. En revanche, dans les emplois peu qualifiés (employés de nettoyage ou de maintien à domicile, cafés-restaurants, etc.), ce taux descend à 35%.
Cependant, parmi les individus "indépendants", qu'ils appartiennent à une classe sociale supérieure (tels que les professions libérales, les chefs d'entreprise, etc.) ou plus modeste (comme les artisans, les commerçants), environ 63% d'entre eux sélectionnent leur partenaire au sein de leur propre cercle social.
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Selon Erwan Pouliquen, le partage du même niveau de diplôme ou la provenance sociale similaire favorisent l'homogamie. Cependant, il note que le critère de partager la même origine géographique est plus important chez les personnes occupant des emplois d'exécution, mais devient moins prégnant à mesure qu'on gravit l'échelle sociale. Pouliquen souligne également l'effet significatif de partager le même niveau de diplôme.
Il souligne enfin l'importance de savoir qui se marie avec qui, car la manière dont les couples sont formés joue un rôle crucial dans les disparités de revenus et de patrimoine. L'homogamie aggrave ces inégalités.
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