Le groupe Insoumis à l'Assemblée nationale a décidé de sanctionner la députée Raquel Garrido en raison de la diffusion de fausses informations et de son comportement de dénigrement. En conséquence, elle ne pourra plus prendre la parole au nom du groupe pendant une période de quatre mois. Raquel Garrido réagit à cette décision en se sentant « humiliée » et « en colère », considérant qu'il s'agit d'un procès politique.
Par moi-même, Paul Tur
« Je suis exclue. » En lisant la réaction de Raquel Garrido sur X (ex-Twitter), on ressent toute la frustration de la députée Insoumise de Seine-Saint-Denis. Lundi soir, le bureau du groupe LFI à l'Assemblée nationale l'a sanctionnée. Elle ne pourra plus « prendre la parole au nom du groupe lors des travaux parlementaires pendant une période de quatre mois », explique le groupe dans un communiqué transmis aux « Echos ».
Après une audition d'une heure et demie, il est reproché à cette personne une série d'actes et de paroles qui nuisent au bon fonctionnement du groupe parlementaire, sans remettre en question ses idées. Dans le communiqué, il est mentionné sans les citer directement, la diffusion de fausses informations dans les médias, ainsi que des critiques personnelles et le dénigrement de certains collègues insoumis, ainsi que le fait de s'en prendre aux employés du groupe parlementaire.
Dans un message publié sur X pendant la nuit de lundi à mardi, Raquel Garrido exprime sa humilation et sa colère envers le bureau du groupe qui s'est autoproclamé comme instance de discipline. Elle les accuse de résoudre des désaccords politiques par des mesures coercitives. Elle affirme que les accusations sont fausses et injustes, et qu'elle est injustement sanctionnée. Elle se sent humiliée et en colère, et elle est honteuse de voir l'évolution du projet politique auquel elle a consacré 30 ans de sa vie.
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« Vous voyez, ça vous dit quelque chose, quatre mois ? C'est comme ce qui est arrivé à Adrien Quatennens… », souligne-t-elle à nouveau, en faisant référence au député qui est proche de Jean-Luc Mélenchon et qui a été complètement exclu du groupe LFI pendant quatre mois à la suite de violences conjugales. Il a ensuite été réintégré malgré l'opposition de certains députés Insoumis. « Même Adrien Quatennens, qui a commis des violences conjugales, a bénéficié de longues délibérations au sein du groupe », insiste-t-elle.
Arguments contre Jean-Luc Mélenchon
Raquel Garrido expose plusieurs prises de position qui, d'après elle, sont à l'origine de sa sanction. Parmi celles-ci, on peut citer son opposition au cumul des mandats, sa critique de la communication masculine d'Adrien Quatennens dans le contexte des violences conjugales, son soutien à l'unité des syndicats et des Nupes, contrairement à la direction de LFI qui aurait cherché à diviser, et enfin son insistance à vouloir présenter une proposition de loi constitutionnelle abrogeant l'utilisation de l'article 49.3 lors de la séance parlementaire de la France insoumise le 30 novembre.
Décision de la CPI (la Cour pénale insoumise) : 4 mois. Est-ce que cela vous dit quelque chose ? C'est comme la situation d'Adrien Quatennens.. Pendant une période de 4 mois, je ne suis plus autorisée à représenter mon groupe parlementaire en tant qu'oratrice lors des discussions générales en Commission des Lois et…
En plus des prises de position exprimées par Raquel Garrido, il est important de souligner qu'elle n'a pas épargné son propre parti ces dernières semaines. Après les attaques terroristes du Hamas en Israël en début octobre, elle a fait partie des membres des Insoumis qui ont clairement exprimé leur désaccord avec la position défendue par la direction du parti, qui se contente de parler de "crimes de guerre". À la fin d'octobre, dans une interview accordée à "L'Obs", elle a affirmé être une "insoumise qui critique Jean-Luc Mélenchon", et a estimé qu'il avait nui à la cause depuis dix mois avec sa stratégie de division.
« Inégalité de traitement »
Lors d'une interview sur France Inter, Clémentine Autain, qui est également députée insoumise de Seine-Saint-Denis et qui n'hésite pas à exprimer certaines différences avec la direction de LFI, a exprimé sa consternation face à cette sanction. Elle a souligné qu'il n'est pas possible de régler des divergences politiques par des sanctions bureaucratiques, et a également fait le lien avec la situation d'Adrien Quatennens.
La personne choisie a également exprimé sa déception face à une inégalité de traitement, alors que les députées Danièle Obono, suite à ses commentaires sur le Hamas – qu'elle qualifie de "mouvement de résistance" – et Sophia Chikirou – accusée de gestion brutale et de malversations financières – n'ont ni été convoquées ni sanctionnées par le groupe.
François Ruffin, parlementaire représentant la Somme, a critiqué le caractère "arbitraire" et la "bureaucratie" du mouvement. Il déplore le fait que Raquel Garrido ne soit pas d'accord avec l'absence de démocratie au sein de La France insoumise. Au lieu d'engager un débat, notre mouvement, qui prône la VIème République, a choisi de la sanctionner, ce qui est regrettable selon lui.
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