Emmanuel Macron critique les positions ambiguës du Rassemblement National (RN) et de La France Insoumise (LFI) concernant l'antisémitisme. Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, est d'accord avec lui et estime que le RN ne devrait pas participer à la marche contre l'antisémitisme ce dimanche. Le président a également souligné qu'il ne faut pas confondre le rejet des musulmans avec le soutien aux Juifs, en visant également l'extrême droite.
Par Isabelle Ficek
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La question de savoir s'il faut y aller ou non, malgré la présence annoncée de l'extrême droite, a suscité des débats au sein de la classe politique dès l'annonce de la participation de Marine Le Pen et Jordan Bardella à la manifestation "marche civique pour la République et contre l'antisémitisme". Cette initiative a été lancée par les présidents des deux chambres, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher.
Bien que la décision d'Emmanuel Macron de participer ou non à la marche ne soit pas encore prise, il a exprimé de manière très claire son opposition à l'antisémitisme, tout comme son gouvernement l'a d'ailleurs fait à plusieurs reprises depuis l'augmentation des actes antisémites depuis le début du mois d'octobre.
Lors de sa visite aujourd'hui au siège du Grand Orient de France, le président, en faisant référence à l'histoire de la franc-maçonnerie et de la République, a transmis plusieurs messages. Il a souligné que s'en prendre à un Juif revient toujours à remettre en cause le projet politique qui garantit sa liberté et son égalité. Il a également affirmé que s'en prendre à un Juif revient toujours à s'en prendre à la République.
Alors que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a enregistré 1 159 actes antisémites en seulement trois semaines – trois fois plus qu'en 2022 -, le président de la République a condamné le retour de l'antisémitisme, qui se manifeste à travers les mots et les graffitis, affiché sans peur ni honte. Il a promis d'agir sans pitié envers ceux qui propagent la haine.
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En plus, Emmanuel Macron a particulièrement souligné les intentions cachées de l'extrême droite et de LFI. Sans les nommer directement, il a critiqué ceux qui choisissent de ne pas prendre position clairement sur la question de l'antisémitisme afin de plaire à de nouveaux mouvements communautaires. C'est ainsi qu'il s'est exprimé à propos de LFI.
Il a également agi de la même manière envers ceux qui prétendent soutenir nos compatriotes de confession juive en mélangeant le rejet des musulmans et le soutien des Juifs, en refusant de condamner clairement leurs positions passées et les maux d'hier. Il est impossible de lutter réellement contre l'antisémitisme sans un véritable esprit d'universalisme. Il ne faut pas se laisser tromper par la présence du RN lors de la marche de dimanche, car cela fait référence à eux de manière claire. Déjà, après la réunion du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a déclaré que bien que chacun ait le droit de participer à une manifestation, le RN, qui n'a pas rompu avec son passé selon lui, n'a « pas sa place » dans cette marche.
« La nécessité de faire le ménage au sein du RN »
Tout comme plusieurs ministres – de Clément Beaune à Aurélien Rousseau en passant par Stanislas Guerini et Olivier Véran, qui se rendront à la marche à Grenoble -, la Première ministre Elisabeth Borne sera présente. De même, la plupart des partis politiques, à l'exception de LFI, participeront à la marche, malgré le malaise causé par la présence du RN.
« Ne pas participer à l'événement à cause du Rassemblement National serait leur donner satisfaction », affirme une personne proche du président. Quant à la présence d'Emmanuel Macron, rien n'est encore décidé. « Nous devions déjà régler la question du Rassemblement National », déclare un membre du gouvernement.
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Dans le camp des opposants, un proche se demande si un président devrait participer à une manifestation, car selon lui, son rôle est d'agir plutôt que de manifester. Lors d'une réunion du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a également souligné l'importance de passer à l'action en priorité.
Dans la liste des arguments favorables, on peut citer l'action précédente de François Mitterrand. « Mitterrand l'a déjà fait. En ce moment, on assiste à plusieurs événements similaires à Carpentras chaque semaine », déclare une personne proche. Le président a pour rôle de garantir l'unité de la nation, il est un citoyen français parmi les autres. La marche vise également à soutenir la libération des otages du Hamas. » Une autre option serait de s'exprimer sans pour autant participer, ajoute la même personne.
Isabelle Ficek
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