François Bayrou, le leader du parti politique français Modem, est actuellement jugé au tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires de l'UDF et du Modem. Bien qu'il ait assisté à toutes les audiences depuis le début du procès, il n'avait encore jamais fait de déclaration sur le fond de l'affaire.
Par moi, Valérie de Senneville.
C'est cette affaire qui lui a fait perdre son poste de ministre de la Justice : l'interrogatoire de François Bayrou a commencé cet après-midi au tribunal correctionnel de Paris, où il est mis en jugement pour le cas des assistants parlementaires européens de l'UDF et du Modem.
Depuis le début du procès le 16 octobre, le haut-commissaire au Plan, âgé de 72 ans, qui dirige la formation liée au président Emmanuel Macron, est présent à toutes les audiences mais n'a pas encore fait de déclarations sur le fond de l'affaire. Avec 10 cadres et élus centristes, cet ancien ministre est soupçonné d'avoir utilisé des fonds européens entre 2005 et 2017 pour rémunérer des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour les organisations centristes, dans le but de soulager leurs finances.
Après la reprise de l'audience vers 14 heures, François Bayrou, vêtu d'un costume bleu, a écouté attentivement le résumé des faits par le président, debout avec les mains posées sur la barre. En plaisantant sur la prononciation de son nom par le magistrat, il a ensuite exprimé son intention de présenter son analyse de l'affaire, qu'il a structurée autour de cinq questions.
"Est-ce qu'il y avait un système […] dans lequel les députés européens devaient participer, qu'ils le veuillent ou non ? J'espère pouvoir vous démontrer que ce n'est absolument pas le cas", a-t-il spécifiquement affirmé.
"Est-ce que je suis le créateur de tout cela ? Est-ce que le président a élaboré, réfléchi, de manière stratégique, un système de détournement de fonds du Parlement européen au profit du parti au cours des vingt dernières années ? J'espère pouvoir vous démontrer que cela est peu probable", a-t-il continué.
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DOSSIER – Enquête sur les assistants parlementaires : François Bayrou et son parti, le Modem, confrontés à la justice.
« Tout cela est basé sur une raison principale, à savoir que le parti politique, que j'ai dirigé dans un cas et créé dans l'autre, faisait face à des problèmes financiers », a-t-il précisé. « Cependant, il est important de souligner que nous n'avons jamais rencontré de difficultés financières et cela pourra être discuté et prouvé, je l'espère. »
Lorsqu'il a été interrogé par le tribunal, il a commencé par répondre aux questions générales. Ensuite, il a expliqué l'histoire du centre en France, puis il a parlé de l'organisation du parti.
Une enquête jugée "sans fondement" est en cours contre le candidat à la présidentielle, qui est accusé de complicité dans le détournement de fonds publics. S'il est reconnu coupable, il risque une peine de dix ans de prison, une amende d'un million d'euros et une inéligibilité de dix ans.
Selon les juges d'instruction qui l'ont renvoyé devant le tribunal, le maire de Pau est considéré comme étant la personne qui a pris les décisions et qui est responsable de la mise en place et du fonctionnement d'un système frauduleux visant à réduire les charges du parti. Ce système implique la conclusion de contrats d'assistance parlementaire de complaisance par les eurodéputés.
Titre: Bayrou témoigne devant les juges
Texte: Bayrou a été appelé à comparaître devant
Lors d'une interview accordée au journal régional "La République des Pyrénées" avant le début du procès, François Bayrou a exprimé sa profonde blessure mais a affirmé être totalement déterminé à faire prévaloir la vérité des faits. Selon lui, les accusations portées contre lui sont fausses et l'enquête manque de fondement.
Au mois d'avril, François Bayrou avait exprimé sa désapprobation envers les "mensonges et les rumeurs" qui ont causé des dommages irréversibles, faisant ainsi référence à la triste disparition de Marielle de Sarnez, sa collègue au sein du parti, emportée par une leucémie en 2021.
En 2017, une affaire a fait grand bruit suite aux révélations de Sophie Montel, une ancienne élue du Front national. Elle a dénoncé l'existence d'emplois fictifs de collaborateurs concernant 19 de ses collègues politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche.
À cette époque, François Bayrou a pris la décision de soutenir Emmanuel Macron. Ce choix a été récompensé après l'élection présidentielle par sa nomination en tant que ministre de la Justice. Malheureusement, seulement 34 jours après son arrivée, il est contraint de démissionner avec deux autres ministres du Modem, en raison de l'ouverture d'une enquête préliminaire qui mènera à un procès.
Le Parlement européen a subi un préjudice qui a été estimé à plus d'un million d'euros à un moment donné. Cependant, après l'enquête, les juges n'ont retenu que 11 contrats présumés frauduleux, pour un montant total de 350 000 euros. Le Parlement, en tant que partie civile, a retenu le chiffre de 293 000 euros.
Davantage de renseignements seront publiés ultérieurement…
Article tiré du journal Les Echos, d'apr
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