Un rapport parlementaire publié aujourd'hui propose 35 suggestions pour améliorer l'apprentissage de la lecture à l'école. Ces suggestions comprennent la suspension des écrans, l'utilisation d'enseignants retraités, une révision de la formation des enseignants et des méthodes pédagogiques. Le rapport vise à mettre fin aux résultats jugés "médiocres".
Par moi, Marie-Christine Corbier
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Les problèmes et les obstacles sont bien connus. Cependant, il existe des solutions. C'est ce que déclare un rapport parlementaire sur l'enseignement de la lecture, publié aujourd'hui par les députés Annie Genevard (LR) et Fabrice Le Vigoureux (Renaissance). Les deux parlementaires présentent 35 propositions pour résoudre les problèmes de l'éducation dans ce domaine.
Les rapporteurs soulignent que les résultats des évaluations nationales et internationales sont peu satisfaisants. Ils citent notamment les résultats des jeunes qui ont participé à la Journée défense et citoyenneté en 2022 : 11,2% d'entre eux avaient de grandes difficultés en lecture, 4,9% étaient en situation d'illettrisme et seulement 65% avaient des acquis jugés suffisants. Selon les rapporteurs, il s'agit d'un scandale au niveau de l'État.
« Des approches efficaces »
Les résultats en lecture sont liés à la répartition géographique de l'indice de position sociale, cependant, selon Annie Genevard, il peut y avoir une différence de 10 points dans les performances de lecture entre deux établissements ayant un indice de position sociale faible. Ainsi, la méthode utilisée est essentielle dans nos discussions.
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Les députés souhaitent accompagner de près les enseignants dans l'utilisation des méthodes d'enseignement efficaces et recommandent une politique cohérente en matière de manuels d'apprentissage, jugés dépassés au regard des avancées scientifiques. Le rapport indique que la plupart des manuels, même récents et se disant basés sur la méthode syllabique, semblent ne pas correspondre à la méthode d'apprentissage la plus efficace.
Annie Genevard exprime son indignation envers le fait qu'un tiers des enseignants utilisent des méthodes préjudiciables à l'enfant, ce qui est une proportion considérable. Elle souligne que bien que les enseignants soient libres de choisir leur pédagogie, ils doivent être responsables des résultats obtenus. En revanche, Fabrice Le Vigoureux est plus modéré dans son opinion et estime qu'il faut plutôt "impliquer" davantage les enseignants sans les contraindre.
À la fin de l'année dernière, Gabriel Attal a déclaré son intention de mettre en place des mesures de labellisation des manuels scolaires d'ici la rentrée 2024. Cependant, Annie Genevard estime que ce délai est trop court pour faire les choses correctement. De son côté, le député LFI Rodrigo Arenas suggère plutôt de se concentrer sur les élèves qui n'ont pas d'enseignant, comme c'est le cas dans sa circonscription depuis six semaines, au lieu de mettre en place une labellisation qui serait compliquée.
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Selon le rapport, il est recommandé d'accorder plus de temps à la lecture et à l'écriture au cours préparatoire (CP). Il suggère également de changer le rôle des inspecteurs en les orientant davantage vers le conseil pédagogique, en se focalisant particulièrement sur les écoles qui rencontrent le plus de difficultés, identifiées grâce aux résultats des évaluations nationales.
Une proposition consiste à changer la façon dont les élèves en difficulté sont aidés dans les classes en faisant appel à des enseignants à la retraite. L'idée serait de modifier les tâches de la réserve citoyenne de l'Education nationale afin de permettre à ces enseignants de venir en aide à un enseignant dans sa classe pendant une ou deux heures par semaine. Cela permettrait à l'enseignant de se concentrer sur les élèves ayant le plus de difficultés.
Une autre proposition importante du rapport consiste à revoir entièrement la formation des enseignants, conformément aux recommandations de l'exécutif. Selon cette proposition, le concours d'entrée serait accessible aux étudiants ayant un niveau bac+3, suivi d'une formation de deux ans.
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Les parlementaires demandent qu'un stage en CP soit obligatoire au cours des deux prochaines années. Ils insistent sur la nécessité de revoir la formation en collaboration étroite entre le ministère de l'Éducation nationale et le ministère de l'Enseignement supérieur, en fixant notamment une durée minimale pour l'enseignement de la lecture qui est actuellement relégué au second plan. Selon Fabrice Le Vigoureux, seulement 34% des enseignants estiment être bien ou très bien formés, ce qui représente deux à trois fois moins que dans d'autres pays européens.
Selon les experts, il est nécessaire de réduire l'utilisation des écrans pour apprendre à lire. Annie Genevard affirme que le numérique a un impact négatif sur l'acquisition des connaissances et propose de revoir la loi de 2013 sur l'éducation numérique.
Selon la députée, il serait préférable de faire une pause dans l'utilisation des équipements numériques, car cela demande des budgets importants et peut être néfaste pour la santé et l'apprentissage des enfants. Elle reconnaît cependant que cette proposition pourrait créer des difficultés pour les collectivités qui ont investi des sommes considérables dans le numérique éducatif. En effet, on leur a demandé de fournir des écrans dans toutes les écoles en leur disant que c'était une marque de bonne gestion. Si maintenant on leur dit qu'ils ont fait des erreurs, cela pourrait créer un véritable bouleversement. Il est donc nécessaire d'effectuer des études scientifiques approfondies et de prendre des décisions politiques courageuses.
Selon le rapport, un enfant en maternelle passe plus de 1 000 heures devant un écran, ce qui équivaut à plus de temps que celui passé en classe pendant une année scolaire.
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