Le programme MaPrimeRénov' dans le secteur immobilier connaît des difficultés pour atteindre ses objectifs. Selon les données publiées ce mercredi par l'Agence nationale pour l'Habitat, plus de 3 milliards d'euros de subventions ont été accordés en 2023 pour la rénovation de plus de 620 000 logements. Le gouvernement souhaite accélérer le rythme cette année, mais il n'est pas certain d'y parvenir.
Par Marie Bellan
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La modernisation énergétique des constructions est devenue un aspect budgétaire majeur pour le gouvernement. En 2023, plus de 3 milliards d'euros ont été alloués en subventions pour la modernisation de plus de 620 000 logements, ce qui porte le montant total des travaux entrepris à près de 8,5 milliards d'euros, selon les informations fournies par l'Agence nationale de l'habitat (l'Anah) ce mercredi.
Depuis sa création, le dispositif MaPrimeRénov' a bénéficié à 2 millions de logements, dont 569 000 rien que pour l'année dernière. Grâce à cela, l'émission de 5,3 tonnes de CO2 a été évitée depuis 2020, indique l'Anah dans un communiqué. En 2023, un montant total de 2,7 milliards d'euros sera distribué pour MaPrimeRénov', avec une aide moyenne de 3 800 euros par logement rénové pour les aides ponctuelles et de 16 200 euros pour les rénovations plus importantes.
La rénovation totale des copropriétés, qui est un point clé sur lequel le gouvernement s'est concentré pour 2024 en modifiant le système, n'a été réalisée que dans 71 613 logements en 2023 (alors que 90 000 étaient prévus), ce qui représente toujours une part relativement faible des travaux, même si elle a augmenté de 12,5%.
Les copropriétés posent un problème particulier en raison de la lenteur des prises de décision. Les résultats dans ce domaine progressent lentement, avec seulement un peu plus de 30 000 logements ayant bénéficié du programme MPR Copropriété. Cela représente une petite proportion par rapport au nombre total de logements à rénover.
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Dans le but de stimuler le progrès et d'assurer une utilisation plus efficace de l'énergie dans les projets entrepris, le gouvernement a augmenté le budget total de MaPrimeRénov' à 5 milliards d'euros dans le budget 2024. Il a également orienté en priorité les aides vers les projets de grande envergure qui impliquent l'amélioration du chauffage, de l'isolation thermique et de la ventilation.
L'objectif fixé pour 2024 est d'atteindre 200 000 rénovations importantes et 500 000 logements sans émissions de carbone. Afin d'y parvenir, il est nécessaire de mettre en place un réseau d'accompagnement pour prévenir les fraudes et optimiser les plans de financement pour les ménages. Pour les ménages les plus modestes, jusqu'à 90 % des coûts pourront être pris en charge, pour des travaux éligibles d'un montant compris entre 40 000 et 70 000 euros, en fonction du projet et des économies d'énergie attendues.
Un mois de janvier prometteur
Alors que les professionnels du secteur de la construction redoutent un effondrement du marché en raison des conditions plus strictes liées au versement des aides, les premières tendances observées par certains courtiers sont encourageantes. Selon Baudouin de La Varende, cofondateur d'Ithaque, une plateforme privée spécialisée dans la rénovation énergétique et labellisée "Accompagnateur Rénov'" par les autorités publiques, le nombre de demandes pour MaPrimeRénov' a triplé voire quadruplé depuis le début du mois de janvier par rapport au meilleur mois précédent dans leur activité.
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Cette tendance ne donne pas nécessairement une indication de ce qui pourrait se produire pour le reste de l'année, mais elle peut être expliquée par plusieurs facteurs. Tout d'abord, il y a encore peu d'acteurs agréés pour accompagner les projets de grande envergure sur le marché (selon les données du ministère de la Transition écologique, seulement 300 structures, qu'elles soient publiques ou privées, ont été agréées). De plus, il y a eu un effet rebond qui a incité les ménages ayant prévu des travaux en fin d'année à les reporter au début de 2024 afin de bénéficier des nouvelles aides.
Selon Baudouin de La Varende, les professionnels du secteur de la rénovation globale qui étaient déjà présents sont plutôt favorables à la réforme. Cependant, les plus petites entreprises qui ne sont pas spécialisées dans ce domaine rencontrent plus de difficultés. Il souligne également que de plus en plus d'acteurs de la construction se tournent vers le marché de la rénovation en raison des nouvelles aides publiques qui y sont proposées.
Marie Bellan
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