Accueil AI Les progrès contre le racisme sont freinés par la persistance des discriminations : rapport inédit de l’Observatoire des inégalités

Les progrès contre le racisme sont freinés par la persistance des discriminations : rapport inédit de l’Observatoire des inégalités

0
Les progrès contre le racisme sont freinés par la persistance des discriminations : rapport inédit de l’Observatoire des inégalités

Dans le domaine des inégalités, le racisme montre des signes de recul, mais les discriminations persistent. Une étude inédite réalisée par l'Observatoire des inégalités a révélé que l'origine, le genre et le handicap sont autant de motifs utilisés pour discriminer, bien que des progrès aient été constatés dans certains domaines.

Par Lou Vincent

D'après un rapport inédit de l'Observatoire des inégalités en France, les discriminations sont moins fréquentes que les inégalités sociales, mais elles sont plus violentes car elles atteignent directement l'identité des victimes. Ce rapport rassemble des données provenant de différentes sources telles que l'Ifop, l'Insee et l'Ined.

En termes de valeurs, la société française semble être plus ouverte, tolérante et égalitaire. Selon la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), 60 % des Français affirment qu'ils ne sont "pas du tout racistes", ce qui représente deux fois plus qu'il y a vingt ans. De plus, 85 % des personnes considèrent l'homosexualité comme "une façon normale de vivre sa sexualité", comparé à 67 % il y a vingt ans selon l'Ifop.

Les actes de violence continuent d'augmenter malgré les déclarations. Selon le ministère de l'Intérieur, en 2022, les forces de l'ordre ont enregistré 12 500 crimes et délits à caractère raciste, ainsi que 2 400 actes anti-LGBT. Ces chiffres sont en augmentation depuis cinq ans.

En ce qui concerne le sexisme, la police et la gendarmerie ont enregistré 200 000 crimes et délits en 2020, la grande majorité d'entre eux touchant des femmes. De plus, les personnes en situation de handicap ont 60% de risques supplémentaires de subir des violences physiques ou sexuelles par rapport aux personnes valides.

Une raison de cette augmentation est liée à notre sensibilité : des événements qui étaient autrefois tus sont maintenant plus souvent dénoncés et enregistrés de manière plus efficace. Extrait du rapport.

Les chiffres fournis par les autorités sont inquiétants : 500 000 individus affirment avoir été victimes d'une insulte raciste, 150 000 d'une insulte homophobe et 1,4 million de femmes d'une insulte sexiste au cours d'une année.

Les origines, qui sont à l'origine de nombreuses discriminations, sont difficiles à évaluer. Parmi ces discriminations, celles liées à l'embauche sont particulièrement insidieuses. Par exemple, un candidat ayant un nom français a 50% de chances supplémentaires d'être rappelé par un employeur par rapport à un candidat ayant un nom maghrébin. Les personnes en situation de handicap sont également confrontées à des difficultés similaires.

En outre :

Renforcement des amendes dans la lutte contre les discriminations.

On observe également la même discrimination basée sur le nom de famille chez les individus d'origine africaine qui cherchent un logement. Cependant, le rapport apporte également des nouvelles encourageantes : les récents tests effectués par des chercheurs ne montrent plus de discrimination envers les candidats à l'embauche résidant dans des quartiers défavorisés.

Au cours des cinq dernières années, 32% des individus originaires des territoires d'outre-mer ont été victimes de discrimination.

En effet, l'origine est un critère très discriminatoire, car 28 % des descendants d'immigrés ont déclaré avoir été victimes de discrimination au cours des cinq dernières années, et ce chiffre monte à 32 % pour les personnes nées en Outre-mer. Pour donner un point de comparaison, ce taux est de 18 % dans la population générale.

En ce qui concerne l'accès aux soins médicaux, un individu sans papiers bénéficiant de l'Aide médicale de l'État (un programme qui prend en charge les frais de santé de base sous certaines conditions) a 25% moins de chances d'obtenir un rendez-vous. Cependant, cette discrimination n'est plus observée pour les patients défavorisés bénéficiant de la complémentaire santé solidaire.

Malgré une baisse de moitié en vingt ans, passant de 40 % à 20 %, il y a encore un Français sur cinq qui pense que "les femmes devraient rester à la maison pour élever leurs enfants dans l'idéal", selon les informations du ministère des Solidarités.

Lire également:

Les employeurs ont la responsabilité d'obtenir des résultats en matière de discrimination sexiste.

Le livre souligne qu'il y a encore des différences de traitement de la part des enseignants, ainsi que des stéréotypes de genre dans les apprentissages à la fois dans les familles et à l'école, que la société continue d'attribuer aux femmes et aux hommes. À titre de rappel, les femmes gagnent 4 % de moins que les hommes, même lorsqu'ils occupent des postes similaires et travaillent à temps plein.

Lou Vincent,

Comment s'adapter dans un environnement complexe ?

Nos vidéos

Les 41 travailleurs qui étaient coincés dans un tunnel en Inde depuis 17 jours ont finalement été libérés.

Les 3 conseils de Laurent Fabius, considéré comme le "grand-père" de l'accord de Paris, pour réussir sa COP.

Les premiers otages franco-israéliens ont été libérés dans le conflit entre Israël et le Hamas.

Pourquoi l'Inde est régulièrement confrontée à des épisodes de pollution ?

Les articles les plus lus

Les différentes possibilités pour les vacances scolaires sont à l'étude.

Les lignes rouges sont fixées par le secteur du tourisme concernant la refonte des vacances scolaires.

Le fait de s'informer sur les réseaux sociaux peut conduire à des comportements médicaux à risque.

À la une

Des tensions sur les augmentations de salaires dans les banques.

La SNCF impose une facture de plus en plus lourde pour les contribuables.

Le Cybertruck, la dernière innovation d'Elon Musk, est enfin lancé par Tesla.

Société

Le racisme recule mais les discriminations persistent en matière d'inégalités.

Les changements au 1er décembre concernent la prime de Noël, la retraite complémentaire et la taxe foncière.

La modification du calendrier des vacances scolaires n'est pas prévue immédiatement, selon Gabriel Attal.

Pratique

P

L'Ensemble

Tous les droits sont réservés – Copyright Les Echos 2023