De plus en plus de personnes soutiennent l'aide médicale d'Etat en matière d'immigration. Selon le rapport intérimaire de Patrick Stefanini et Claude Evin, cette aide n'incite pas les étrangers à venir en France. Malgré les contrôles stricts, ce dispositif rencontre un taux de non-recours de 50 %. Les médecins se mobilisent pour qu'il soit maintenu.
Par moi-même, Grégoire Poussielgue
Ce sujet est moins délicat que la régularisation des travailleurs sans papiers dans les métiers en tension, mais il est tout aussi important pour le gouvernement s'il souhaite obtenir une majorité sur le projet de loi immigration, qui sera examiné à partir de ce lundi au Sénat. Au début du mois d'octobre, alors qu'il cherchait à obtenir les voix des Républicains (LR), Gérald Darmanin s'était prononcé en faveur de la transformation de l'aide médicale d'Etat (AME) en aide médicale d'urgence (AMU), une position défendue par la droite. Elisabeth Borne avait précisé qu'il s'agissait d'une "position personnelle", alors que cette initiative du ministre de l'Intérieur avait suscité une certaine agitation au sein de la majorité.
Suite à cela, la première ministre a demandé à Patrick Stefanini, ancien directeur de la campagne présidentielle de Valérie Pécresse, et à Claude Evin, ancien ministre socialiste de la Santé, de rédiger un rapport. Les conclusions de ce rapport intermédiaire, récemment remis à Matignon, sont claires : il n'est pas nécessaire de transformer l'AME en AMU. Selon les deux signataires, l'AME n'a aucun impact sur l'attractivité, ce qui plaide en faveur de son maintien. Mise en place en 2000, l'AME représente un coût légèrement supérieur à 1,1 milliard d'euros et bénéficie à 400 000 personnes, exclusivement des étrangers en situation irrégulière.
Selon le rapport, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a souligné que l'abus de droit n'existe pas, mais plutôt des personnes qui pourraient en bénéficier mais qui ne le font pas. Il a également affirmé que quelqu'un qui bénéficie de l'AME ne consomme pas plus de soins qu'une personne qui n'en bénéficie pas. Le taux de non-recours atteint 50 %.
Une pétition a été lancée pour demander le maintien de l'AME. Cette aide médicale fait souvent l'objet de critiques, notamment de la part des partis politiques LR et Rassemblement national (RN). La députée Véronique Louwagie, membre de LR, estime que cette dépense manque de contrôle et représente un coût difficile à supporter. La droite et l'extrême droite accusent l'AME de favoriser les étrangers au détriment des Français.
Selon Olivier Véran, l'AME est la prestation sociale la plus contrôlée du pays, avec seulement 14% des dossiers contrôlés selon le rapport intermédiaire. Cependant, le gouvernement n'exclut pas la possibilité d'apporter des ajustements, comme cela a déjà été fait par le passé. Dans leur rapport intermédiaire, Patrick Stefanini et Claude Evin suggèrent de limiter cette prestation dans le temps, car ils estiment que l'AME peut encourager les personnes à rester dans la clandestinité. Vendredi, Olivier Véran a évoqué la possibilité que l'Assurance Maladie prenne une décision préalable avant de permettre les soins. Cependant, ils s'opposent fermement à faire une distinction entre soins urgents et non urgents, car même les médecins ont parfois du mal à faire cette distinction.
Dans une tribune publiée par « Le Monde », un groupe de 3 000 médecins exprime son soutien à l'AME et demande qu'elle soit maintenue dans sa forme actuelle. Ils le font d'abord pour des raisons humanitaires, puis pour des motifs de santé publique. Ces soignants mettent en garde contre les conséquences de limiter l'accès aux soins pour les immigrants illégaux, soulignant que cela entraînerait directement une détérioration de leur état de santé, ainsi que celui de l'ensemble de la population. Ils affirment que cela finirait par coûter beaucoup plus cher aux finances publiques.
Grégoire Poussielgue est l'auteur de
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