Gabriel Attal s'engage à créer plus de 2 000 postes d'enseignants pour les groupes de niveau au collège. Lors d'une réunion avec les syndicats, le ministre de l'Éducation nationale a annoncé la répartition de ces postes pour la rentrée de 2024. Ces groupes de niveau, composés de 15 élèves, seront mis en place uniquement dans les établissements où les résultats des élèves sont les plus faibles, en français et en mathématiques.
Par Marie-Christine Corbier
Réécrit
Il s'agit d'une situation nouvelle. Pour la première fois depuis 2017, le gouvernement a décidé de créer à nouveau des postes d'enseignants dans l'enseignement secondaire. C'est ce qui a été annoncé aux syndicats ce jeudi matin par le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, lors de la présentation des priorités pour la rentrée 2024.
L'éducation primaire a toujours été la priorité des quinquennats d'Emmanuel Macron en termes d'investissement, reléguant ainsi les collèges et lycées au second plan en ce qui concerne la répartition des ressources.
Pour la rentrée 2024, le ministre Gabriel Attal a déclaré que le collège devait être considéré comme le moteur du changement radical, en appelant à une amélioration du niveau des élèves. Dans chaque collège, en français et en mathématiques, les élèves de chaque classe seront répartis en trois groupes en fonction de leur niveau, selon le ministre. Ces groupes de niveau seront mis en place en septembre prochain pour les élèves de 6e et de 5e. Les élèves de 4e et de 3e en bénéficieront à la rentrée 2025.
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Il sera donc nécessaire d'avoir plus d'enseignants que ce qui avait été prévu dans le projet de loi de Finances (PLF), qui avait été conçu avant les annonces de Gabriel Attal. Cependant, le ministre assure qu'il ne sera pas nécessaire de le modifier. Il compte sur les fonds disponibles en 2024 pour répondre aux besoins en postes entre septembre et décembre 2024. Selon lui, cela est réalisable sur le plan financier et l'impact budgétaire se reflétera dans le projet de loi de Finances 2025.
Afin de mettre en place les groupes de niveau, le ministère a décidé d'annuler les suppressions de postes prévues en raison de l'évolution de la démographie. L'année prochaine, le système éducatif français accueillera 83 000 élèves de moins. Cela aurait pu entraîner la suppression de 5 000 emplois pour faire face à cette situation. Le projet de loi de finances pour 2024 ne prévoyait que 2 440 suppressions de postes. Finalement, le ministère annonce qu'il n'y aura aucune suppression.
Il y aura moins de suppressions de postes dans l'enseignement primaire. Selon Gabriel Attal, le projet de loi de finances (PLF) prévoyait initialement 1 709 suppressions de postes, mais ce chiffre sera réduit à 650. En revanche, dans l'enseignement secondaire, où 484 suppressions de postes étaient prévues, le ministre annonce maintenant la création nette de 574 emplois.
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Selon le ministère, il est nécessaire de créer 1 150 postes de professeurs de lettres et de mathématiques (équivalents à un emploi à temps plein) pour mettre en place des groupes de niveau en 6e et 5e. Gabriel Attal annonce la création de 830 emplois à temps plein pour atteindre cet objectif. Pour le reste, le ministre compte sur la réaffectation des postes qui étaient utilisés pour assurer l'heure de soutien en français et en mathématiques en sixième. Cette heure de soutien devient obsolète avec la mise en place des groupes de niveau.
Le principal syndicat de proviseurs, le SNPDEN, estime qu'il est nécessaire de créer 19 000 postes, ce qui est loin d'être le cas actuellement. Les postes qui seront créés seront attribués aux régions où les évaluations nationales ont révélé que les élèves rencontrent le plus de difficultés.
Le concept de réduction des effectifs dans les petites classes de CP, de CE1 et de grande section de maternelle se poursuit également dans l'enseignement secondaire, mais cette fois-ci avec des groupes de 15 élèves au lieu de classes de 12. Ces groupes plus restreints seront mis en place dans les écoles où les élèves obtiennent les résultats les plus faibles, principalement celles relevant de l'éducation prioritaire.
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Selon Gabriel Attal, il est nécessaire de créer davantage de postes pour les groupes de niveau qui seront composés d'un tiers des élèves en mathématiques et d'un quart des élèves en français. Cette décision est basée sur les résultats des dernières évaluations nationales publiées. Dans les autres cas, les groupes de niveau seront formés mais auront une taille normale de classe, sans être limités à 15 élèves.
Plus de personnes se portent candidates au Capes, mais il est important que le recrutement d'enseignants suive. Gabriel Attal se montre confiant en déclarant que le nombre de candidats aux concours d'enseignants se maintient à 184 000, par rapport à 2023. Il affirme avoir mis fin à la baisse constatée ces dernières années, tout en reconnaissant qu'il est nécessaire que les personnes inscrites se présentent et réussissent le concours.
Gabriel Attal confirme que cette année, le nombre d'inscrits au Capes externe de mathématiques a augmenté de plus de 3%, tandis que le Capes externe de lettres modernes a connu une hausse de plus de 4% par rapport à l'année précédente.
En ce qui concerne le niveau primaire, où il y a moins de suppressions de postes que prévu, mais où il n'occupe plus la position privilégiée qu'il avait depuis 2017, le ministre met l'accent sur un résultat "historique" qui est principalement dû à l'évolution démographique. "Nous sommes passés de 23,6 élèves par classe en 2017 à 21,5 à la rentrée 2023, et nous atteindrons 21,4 élèves par classe à la rentrée prochaine", souligne Gabriel Attal en précisant que "c'est le niveau le plus bas depuis que nous le mesurons, en 1960", et en dessous des 22 élèves par classe en 1985, durant le premier mandat de François Mitterrand.
Marie-Christine Corbier est l
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