Bercy a annoncé que des sanctions sévères seront appliquées aux distributeurs et aux industriels qui ne se conformeront pas à la loi Egalim, qui vise à garantir une rémunération équitable aux agriculteurs. Ces sanctions pourront atteindre jusqu'à 2% du chiffre d'affaires des entreprises concernées.
Par moi-même, Dominique Chapuis.
Les sanctions seront imposées. Bruno Lemaire, le ministre de l'économie, a été très clair à ce sujet. Les contrôles effectués par la DGCCRF ces derniers jours ont révélé que le revenu des agriculteurs, qui était censé être protégé par la Loi Egalim2, ne l'est pas. Cette loi, considérée comme une particularité française, stipule que l'augmentation des coûts de production agricole doit être préservée, ce qui permet ensuite une rémunération équitable des exploitants.
Cependant, depuis le début de leur action, les agriculteurs protestent contre la remise en question de la loi Egalim par certains industriels et distributeurs. Ces derniers cherchent à s'arranger au détriment des agriculteurs afin de limiter l'augmentation des prix. Le gouvernement, au nom de la protection du pouvoir d'achat, réclame d'ailleurs une baisse des prix.
Alors que les grandes entreprises et les enseignes continuent de négocier les prix pour 2024 jusqu'à la fin du mois, le ministère des Finances a soutenu vendredi le secteur agricole, juste avant les déclarations de Gabriel Attal.
Bruno Lemaire a déclaré qu'un certain nombre d'actes répréhensibles ont été constatés. Ce non-respect de la législation est imputable aux industriels ainsi qu'à certains distributeurs. Il est urgent d'agir. Bruno Lemaire a insisté sur le fait qu'à partir de la semaine prochaine, il enverra des injonctions à tous ceux qui sont en infraction pour les inciter à se conformer à la loi. Il ne leur accordera que quelques jours pour le faire. Dans le cas contraire, les sanctions seront sévères.
Les entreprises épinglées pourront être sanctionnées jusqu'à 2% de leur chiffre d'affaires. Le ministre de l'économie a averti qu'il serait strict sur le respect total de la loi Egalim. Depuis jeudi, un décret autorise le ministre de l'agriculture à donner des instructions à la DGCCRF pour renforcer les contrôles. Ces contrôles devraient être deux fois plus fréquents dans les prochains jours. Les inspecteurs vérifieront notamment l'origine des produits alimentaires en vérifiant les étiquettes. Ils chercheront à vérifier si la mention "fabriqué en France" est véritable.
Appel à soutenir l'agriculture nationale
Le ministre de l'agriculture, Marc Fesneau, a critiqué les centrales d'achat européennes, qui sont créées ou rejointes par les distributeurs français, malgré les éloges reçus pour la loi Egalim. Ces centrales permettent aux industriels d'acheter en gros volume et d'obtenir des prix plus bas, en essayant de contourner la législation française. Parmi ces centrales, on retrouve Leclerc, Carrefour et Système U, qui ont leur siège à Bruxelles, Madrid ou aux Pays-Bas.
Selon Marc Fesneau, il est contradictoire d'affirmer que l'on aime les produits français et leur qualité tout en les achetant ailleurs. Il appelle à faire preuve d'un certain patriotisme agricole. En effet, cette recherche du prix bas entraîne une augmentation des importations. Des anchois du Pérou, des olives de Turquie… Dans le domaine des fruits et légumes, seulement la moitié est d'origine nationale. De plus, ces produits ne respectent souvent pas les mêmes normes que celles de l'agriculture française et utilisent parfois des pesticides interdits en France.
En parallèle, malgré une augmentation importante des prix de l'alimentation au cours des deux dernières années, les consommateurs ne sont pas disposés à dépenser davantage. Selon Christophe Burtin, expert en agriculture chez Kea & Partners, la nourriture est devenue une variable d'ajustement. Les Français préfèrent sacrifier la qualité de leur alimentation plutôt que de renoncer à des activités de loisirs, par exemple. La transition vers une agriculture plus durable et respectueuse de l'environnement a un coût, mais qui sera prêt à le prendre en charge ?
Dans le monde agricole, il y a une crainte quant à la baisse de l'inflation et ses conséquences sur les prix des produits dans les supermarchés.
Le Parlement a approuvé la mesure de protection du revenu des agriculteurs.
Personne autre que Dominique Chap
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