Les agriculteurs français expriment leur mécontentement en mettant la pression sur le gouvernement. Ils imitent leurs homologues européens en organisant des blocages routiers et des manifestations pour protester contre leurs problèmes. Emmanuel Macron demande à ses ministres de calmer les tensions. Marc Fesneau, responsable de l'Agriculture, se rendra dans le Cher ce samedi.
Par moi-même
Les agriculteurs exercent une forte pression sur le gouvernement. De l'Ouest au Sud de la France, les protestations se multiplient, ce qui suscite des inquiétudes au sein du gouvernement, à un mois du Salon de l'agriculture et à l'approche des élections européennes.
Au cours des derniers jours, les agriculteurs qui cultivent des céréales et élèvent du bétail ont organisé de multiples actions à travers toute la France. Par exemple, des éleveurs de vaches laitières se sont rassemblés jeudi devant plusieurs sites appartenant à Lactalis, une entreprise située dans l'Ouest de la France, afin de protester contre le prix du lait fixé par ce groupe, qu'ils estiment être trop bas. Le même jour, des agriculteurs ont bloqué la circulation sur l'autoroute A64, qui relie Toulouse à Bayonne.
Samedi dernier, les agriculteurs de Haute-Garonne ont bloqué les deux voies de l'autoroute pour la troisième journée consécutive.
Des agriculteurs de Haute Garonne continuent de bloquer l'autoroute A64 entre Toulouse et Tarbes, au niveau de Carbonne, pour le troisième jour consécutif. Une réunion avec le préfet d'Occitanie est prévue en début d'après-midi. Les agriculteurs souhaitent rencontrer Gabriel Attal le plus rapidement possible. Photo : Antoine Forestier / BFMTV.
Il y a plusieurs raisons à cette colère, telles que l'inflation, le stockage de l'eau, la concurrence étrangère déloyale et la crise sanitaire dans les élevages. Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, met en garde en disant que la profession "attend des réponses très claires avant le Salon de l'agriculture", qui ouvrira ses portes le 24 février à Paris.
Le deuxième syndicat agricole, la Coordination rurale, a annoncé son intention de se mobiliser le 25 janvier dans différentes régions de France. Ils prévoient des actions telles que le recouvrement de radars avec des bâches pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une suradministration, voire des actions plus spectaculaires. Arnaud Gaillot, le président du syndicat des Jeunes agriculteurs, a déclaré samedi matin sur Europe 1 qu'il était grand temps que les politiciens prennent leurs responsabilités et fixent des objectifs clairs.
Marc Fesneau et Gabriel Attal en action
Ce sentiment de mécontentement n'est pas spécifique à la France. Dans toute l'Europe, les agriculteurs expriment leur colère : en Roumanie, en Pologne, aux Pays-Bas et même en Allemagne où une mobilisation importante contre une proposition d'augmentation des taxes sur le carburant agricole perturbe la circulation sur les routes.
Dans le but de contrôler la propagation de ce mouvement qui commence à se propager en France, Emmanuel Macron a demandé aux préfets de se rendre dès ce week-end à la rencontre des agriculteurs et de leurs organisations représentatives, selon la présidence. Il souhaite qu'ils dialoguent directement avec eux concernant les problèmes qu'ils expriment, en se rendant sur place.
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Les ministres ont compris la directive. Marc Fesneau, responsable de l'Agriculture, devait se rendre chez un éleveur laitier du Cher ce samedi après-midi avant de participer à une "réunion de travail avec les associations professionnelles agricoles". Lundi, il se rendra en Vendée pour discuter de l'utilisation de l'eau en agriculture.
Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, s'est rendu à Flavigny (Marne) pour célébrer la fête de Saint-Vincent, le patron des vignerons. Lors de cet événement, il a annoncé que les contrôles concernant les négociations en cours entre les distributeurs et les agriculteurs seraient multipliés dès la semaine prochaine. Il a également affirmé que les distributeurs qui ne respecteront pas les dispositions de la loi Egalim seront sanctionnés sans aucune tolérance de la part du gouvernement.
Je témoigne d'un grand respect envers les producteurs de vin et je suis très attaché à la viticulture française. Ma présence à la Saint-Vincent, à Avize, est une façon d'exprimer mon soutien total envers ce secteur, les traditions françaises et le monde du vin. pic.twitter.com/qsBagGiOBP
Quant à Gabriel Attal, Premier ministre, il s'est rendu dans le département du Rhône afin d'évaluer la situation de la France rurale. Il a souligné que l'agriculture est un enjeu majeur et a affirmé que la France est fière de posséder une agriculture solide et de grande qualité. Il a également précisé que son gouvernement ne tolérera pas sa perte. Par ailleurs, Gabriel Attal prévoit de rencontrer les représentants des syndicats alliés FNSEA/Jeunes agriculteurs lors de sa réunion lundi soir.
Le Rassemblement National est vigilant
Dans cette période d'inquiétude, le parti d'extrême droite est très attentif : le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a demandé à Gabriel Attal, lors de leur rencontre vendredi, de mettre en place « l'état d'urgence agricole » et de promouvoir le « patriotisme économique afin de protéger nos agriculteurs ». Jordan Bardella, qui est également tête de liste du Rassemblement National pour les élections européennes et est le favori des sondages pour ce scrutin, avait prévu de rencontrer samedi des vignerons du Médoc.
Sur TF1, il a déclaré que ce mouvement de colère des agriculteurs représente également les territoires ruraux et la ruralité. Il s'oppose à la politique de Mr Macron et à celle de l'Union européenne.
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Selon Marc Fesneau, le parti politique essaie d'exploiter la colère et le désespoir des agriculteurs pour gagner des voix aux élections européennes. Il critique les membres du Rassemblement National qui ne travaillent pas au Parlement européen et ne défendent donc pas les intérêts des agriculteurs au quotidien.
D'après
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