Après une période de tensions, Macron et Attal ont enfin complété leur gouvernement et souhaitent passer rapidement à autre chose. L'annonce des nouvelles nominations a eu lieu jeudi soir, marquant la deuxième vague de nominations de Gabriel Attal. Nicole Belloubet prend la place d'Amélie Oudéa-Castéra au ministère de l'Education nationale, tandis qu'Oudéa-Castéra conserve les portefeuilles des Sports et des Jeux Olympiques. Malgré la crise avec François Bayrou, le Modem conserve tout de même quatre ministères.
Par moi-même, Isabelle Ficek
Sans montrer de signes de préoccupation. Il n'y avait ni crise au sein de la majorité après le revers de François Bayrou, ni d'hésitations prolongées pour annoncer la deuxième vague de nominations du gouvernement de Gabriel Attal, finalement annoncée ce jeudi à 20h30… C'est du moins l'impression qu'a voulu donner le Premier ministre dans l'après-midi, lorsqu'il s'est rendu une fois de plus dans le Pas-de-Calais pour rencontrer les victimes des inondations, comme il l'avait promis il y a un mois lorsqu'il est arrivé à Matignon.
Il est crucial, pour lui ainsi que pour Emmanuel Macron, de changer l'image d'un gouvernement qui ne fait rien et de la remplacer par celle d'une équipe proactive qui s'efforce de résoudre les problèmes des Français. Cette équipe, désormais au complet, va s'atteler à tourner la page rapidement sur ce mois difficile.
Amélie Oudéa-Castéra est retirée de son poste au ministère de l'Education nationale, ce qui était une situation délicate. Elle était soutenue fermement par Emmanuel Macron et le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler. Cependant, elle conserve un ministère de plein exercice aux Sports et aux Jeux Olympiques, où elle avait été jusqu'à présent performante. Elle n'est donc pas totalement désavouée.
Voici également la liste intégrale du gouvernement de Gabriel Attal, qui a été publiée suite au remaniement.
En temps réel – La déclaration du remaniement, les réponses.
Nicole Belloubet, ancienne ministre de la Justice, a été chargée de prendre en charge le défi majeur du ministère de l'Éducation nationale, avec les directives de Gabriel Attal. Il est clair que ce dernier continuera à s'impliquer politiquement dans ce dossier car l'un des reproches qui lui avait été faits en interne lors de son départ du gouvernement en 2020 était son manque d'engagement politique.
Cependant, sa venue est perçue comme un signe de calme. Nicole Belloubet, agrégée en droit public et professeur d'université, qui vient du Parti socialiste, a occupé les postes de rectrice des académies de Limoges et de Toulouse. À ce dernier endroit, elle a démissionné en raison du manque de ressources.
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Un autre domaine important qui est une priorité pour les Français est celui de la Santé. Après la démission d'Aurélien Rousseau en raison d'un désaccord sur la loi sur l'immigration, le poste de ministre délégué à la Santé est désormais occupé par Frédéric Valletoux, porte-parole du groupe Horizons. Ancien président de la Fédération hospitalière de France (FHF) et souvent pressenti, il est rattaché au grand département du Travail, de la Santé et des Solidarités, placé sous l'autorité de Catherine Vautrin.
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En ce lieu, Fadila Khattabi, députée Renaissance du Doubs et ancienne présidente de la commission des Affaires sociales, ainsi que ministre déléguée aux Personnes handicapées dans le précédent gouvernement d'Elisabeth Borne, prend également en charge le dossier de l'Autonomie.
Patrice Vergriete, ancien socialiste et ancien maire de Dunkerque, n'est pas maintenu au poste de ministre du Logement, mais il n'est pas puni pour ses réticences envers le projet de loi sur l'immigration. Il remplace Clément Beaune, également issu de la gauche et macroniste depuis le début, au ministère des Transports, et il est clairement sanctionné pour son malaise concernant la loi sur l'immigration. Stanislas Guerini, fidèle au président, conserve son poste de ministre de la Fonction publique. Il a remporté son combat.
Le député Guillaume Kasbarian, membre du parti Renaissance et représentant d'Eure-et-Loir, a attiré l'attention sur un sujet brûlant dans le domaine du logement. En tant que président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, il est à l'origine d'une loi polémique visant à protéger les logements contre l'occupation illégale, souvent appelée "loi anti-squat". Cette loi a suscité l'indignation de la gauche et des associations luttant contre le mal-logement.
Aussi, il est intéressant de noter que Guillaume Kasbarian, un député jeune, a été choisi pour prendre en charge la résolution de la crise du logement dans le cadre du remaniement.
Malgré les problèmes rencontrés avec François Bayrou, le Modem conserve une place importante au sein du gouvernement. Tout d'abord, Marc Fesneau reste en poste pour gérer les conséquences de la crise agricole avant le Salon de l'agriculture. Ensuite, Jean-Noël Barrot, qui vient du Numérique, est nommé aux Affaires européennes. C'est un symbole fort, car son père, Jacques Barrot, a occupé des postes importants au sein de la Commission européenne. Marina Ferrari, députée Modem de Savoie et commissaire aux Finances, reprend son rôle de secrétaire d'État au Numérique à Bercy. Enfin, Sarah El Haïry est chargée de la Famille et de la Jeunesse.
Samedi, il y aura un séminaire de travail. Demain, Emmanuel Macron se rendra à Bordeaux, à l'École nationale de la magistrature ainsi qu'à un commissariat de la ville pour observer le déroulement de l'expérimentation du dépôt de plainte en ligne. En résumé, il s'agit d'une initiative concrète pour améliorer la vie quotidienne des Français.
Gabriel Attal a prévu de rassembler toute son équipe pour un séminaire de travail à Matignon ce samedi. De plus, il a participé à une émission sur France 2 ce jeudi soir afin de discuter de sujets tels que le social et l'écologie. Son objectif principal était de rectifier les erreurs commises au cours du premier mois, en particulier après l'annonce de la suspension du plan éco-phyto, afin de ne pas donner l'impression d'abandonner l'ambition écologique.
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Par Isabelle Ficek.
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