Les agriculteurs sont en colère car Gabriel Attal a déclaré qu'il y aurait une "pause" dans la mise en œuvre du plan Ecophyto 2030, qui vise à réduire de moitié l'utilisation de produits phytosanitaires d'ici 2030. Cette décision choque les organisations non gouvernementales qui défendent l'environnement.
Par Anne Feitz
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« Entre la suspension du plan Ecophyto et le questionnement du rôle de l'Anses, nous avons l'impression de régresser de quinze ans de progrès ! Nous sommes consternés et révoltés… », déplore Nadine Lauverjat, déléguée générale de l'association Générations futures.
Alors que les premières mesures annoncées vendredi pour apaiser la frustration des agriculteurs n'abordaient pas du tout la question des pesticides, cette fois-ci le gouvernement a finalement accepté certaines demandes des syndicats agricoles concernant ce sujet. Gabriel Attal a notamment déclaré qu'il allait "mettre en pause" le plan Ecophyto 2030 qui est en cours d'élaboration.
Après l'échec retentissant des deux plans précédents, le troisième plan vise à réduire de moitié l'utilisation de produits phytosanitaires d'ici 2030 par rapport à la période 2015-2017. Ce nouveau plan, doté d'une enveloppe supplémentaire de 250 millions d'euros, a pour objectif d'être plus global que ses prédécesseurs en accélérant la recherche de produits alternatifs et en encourageant massivement les pratiques agricoles écologiques.
Le Premier ministre a expliqué que la décision de mettre en pause était motivée par la nécessité de mettre en place un nouvel indicateur et de discuter à nouveau des zonages et de la simplification. Il a également annoncé la tenue d'un Conseil d'orientation stratégique sur le sujet la semaine prochaine, dans le but de parvenir à un accord avant le début du Salon de l'agriculture le 24 février prochain. Nadine Lauverjat estime que mettre en pause n'est jamais un bon signe.
Titre: La France maintient son objectif de réduire de moitié l'utilisation de pesticides
La France réaffirme sa volonté de diminuer de moitié l'emploi de pesticides, confirmant ainsi sa détermination à
Analyse : Une situation complexe et difficile à résoudre concernant les pesticides.
Au cabinet de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, on souligne qu'il ne s'agit pas d'abandonner le plan Ecophyto, mais plutôt de le revoir afin qu'il soit clair, efficace et bénéfique pour tous. On précise également que les Zones de non-traitement (ZNT) ne sont pas remises en question.
Ces zones, qui ont été imposées par une décision du Conseil d'État en 2019, sont fortement contestées par les syndicats agricoles. Elles établissent des distances de sécurité à respecter lors de l'utilisation de pesticides afin de protéger les habitants et les cours d'eau. Le gouvernement avait précédemment affirmé qu'il ne céderait pas sur ce sujet. Toutefois, Marc Fesneau, le ministre de l'Agriculture, a annoncé que le gouvernement ferait appel des décisions de justice qui ont annulé des arrêtés préfectoraux concernant la mise en place de ces zones.
Incertitude concernant la politique environnementale
En outre, les agriculteurs ont réussi à faire valoir leur point de vue sur l'indicateur de mesure de l'utilisation de pesticides. Actuellement, le gouvernement utilise le Nodu (nombre de doses unités), qui indique le nombre de traitements appliqués par hectare. Les agriculteurs critiquent cet indicateur car il ne tient pas compte de l'utilisation de produits moins dangereux, tandis que les ONG estiment qu'il permet de mettre en évidence la dépendance aux pesticides. À ce stade, le gouvernement n'a pas précisé par quoi cet indicateur serait remplacé.
Le gouvernement devra également clarifier le futur rôle de l'Anses, car Gabriel Attal a déclaré vouloir mettre fin à une situation où notre agence sanitaire prend des décisions sur des produits sans coordination avec le régulateur européen. Cela évitera que les agriculteurs français ne soient interdits d'utiliser des substances qui sont autorisées dans d'autres pays européens. Nadine Lauverjat exprime des regrets en affirmant que cela représente un énorme recul pour l'Anses qui ne pourra plus accomplir son travail.
Aussi à prendre en compte:
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Les décisions prises la semaine dernière, telles que la reconsidération de la taxation du GNR et la réduction des délais de recours, ainsi que la flexibilité accordée par Bruxelles concernant les jachères cette semaine, soulèvent des inquiétudes quant à la politique environnementale du gouvernement. Ces inquiétudes sont renforcées par le fait que le gouvernement avait déjà fait marche arrière sur les redevances sur les pesticides, qui devaient pourtant contribuer au financement des agences de l'eau.
Thomas Uthayakumar, membre de la Fondation pour la nature et l'homme (FNH), se demande si le gouvernement a réellement l'intention d'aider les agriculteurs à changer leur modèle. Selon lui, les mesures actuelles ne leur garantissent pas un revenu suffisant pour qu'ils puissent revoir leurs pratiques et entamer leur transition écologique.
Les ONG écologistes, quant à elles, estiment qu'elles seront les premières à subir les conséquences néfastes de l'appauvrissement des sols et de la diminution de la biodiversité causés par l'utilisation excessive de pesticides, sans oublier l'impact sur leur santé dont elles tirent la sonnette d'alarme.
Anne Feitz
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