Gabriel Attal: un manque de respect envers les syndicats
Le Premier ministre refuse de prendre en considération le prolongement des négociations en cours pour réformer une fois de plus l'assurance-chômage. Il est nécessaire de répondre efficacement à l'importance des déficits.
Écrit par Cécile Cornudet
Nous avons tous oublié, mais il y a eu un moment récent où Gabriel Attal voulait suivre les traces de son mentor Jean Castex et se présenter comme un "Premier ministre du dialogue social". Il avait réussi à agiter le secteur de l'éducation tout en montrant de l'attention envers les syndicats. Après sa nomination à Matignon le 9 janvier, il répète l'opération : il annonce le 11 que sa première action sera pour les partenaires sociaux, et commence une série d'entretiens le 16. Et ensuite ? Et ensuite, c'est tout. Une semaine dans la vie d'un Premier ministre.
Après deux mois, Gabriel Attal souhaite relancer une réforme de l'assurance-chômage sans attendre la fin des négociations en cours avec les partenaires sociaux, ce qui est considéré comme une désobéissance en matière sociale. Contrairement aux syndicats qui ont voulu prolonger les discussions, il préfère avancer rapidement.
La plupart des gens se plaignent. Selon Gabriel Attal, tout ce qui se passe était déjà annoncé dans son discours sur la politique générale et quelques jours avant dans la conférence de presse d'Emmanuel Macron. La réforme de l'assurance-chômage est unique car, selon lui, « les syndicats trouvent difficile de mobiliser sur ce sujet ». Ces propos ont été entendus par des élus.
Il est évident que les relations sociales sont importantes, et le Premier ministre n'hésite pas à vanter les mérites de sa ministre Catherine Vautrin, en charge du Travail et de la Santé, même s'il la place dans une position difficile. Les compliments sont réconfortants. Malheureusement, les idéaux de Castex n'ont pas perduré, Gabriel Attal a rapidement suivi la ligne de pensée d'Emmanuel Macron. Les préoccupations sociales cèdent la place aux enjeux politiques.
La crise budgétaire nécessite une action urgente, il est essentiel de mettre en place des réformes et de démontrer la capacité de l'exécutif à agir, notamment à l'approche des élections européennes. Macron met en avant son objectif de plein emploi, tandis que Attal voit cette réforme comme un moyen de lutter contre l'assistanat et de mettre en lumière les contradictions du RN. Il y a un intérêt politique commun à agir dans ce sens.
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Cependant, une grande partie de la population ne supporte pas non plus la réforme en cours. Par exemple, Sacha Houlié, une personnalité politique de gauche, ne comprend pas pourquoi on réduit les aides pour les personnes éloignées de l'emploi alors que la situation économique se détériore. Elisabeth Borne, qui avait élaboré la réforme précédente en fonction du cycle économique (plus de restrictions en période de croissance, moins en période de chômage), trouve cette approche contradictoire.
La réunion du groupe à l'Assemblée ce mardi a été animée. Charlotte Parmentier-Lecocq, proche de Gérald Darmanin, a exprimé des préoccupations concernant les économies envisagées pour les personnes éloignées de l'emploi. Il n'y a pas seulement des membres de l'aile gauche qui sont sceptiques. Cependant, cette réforme n'a pas besoin d'être approuvée par le Parlement, ce qui est considéré comme un avantage en termes politiques.
Cécile Cornudet est un auteur
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