Macron semble rejeter la proposition de nommer Castets comme Premier Ministre. Les partisans de l'ancienne majorité pensent que sa nomination ne garantirait pas la stabilité, et que son gouvernement risquerait d'être rapidement critiqué par une motion de censure. Cependant, le président semble chercher une personnalité politique de tendance centriste pour ce poste.
Écrit par Grégoire POUSSIELGUE
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Rééc
Les membres du Nouveau Front Populaire (NFP) étaient plutôt contents après leur rencontre avec Emmanuel Macron vendredi matin. Cependant, lors du déjeuner avec les membres de son parti (Renaissance) et ses alliés (Horizons, Modem, UDI), Emmanuel Macron s'est montré plus prudent. Il a reconnu la nécessité d'un changement politique et d'une alternance dans le pays, suite aux élections législatives qui ont placé le NFP en tant que première force politique mais sans majorité à l'Assemblée nationale.
Emmanuel Macron a exclu la nomination de Lucie Castets. Il est unanimement considéré comme inacceptable que des membres de La France Insoumise (LFI) fassent partie du gouvernement, comme en témoigne le consensus lors du déjeuner. Un proche du président affirme que si une majorité s'oppose à sa nomination, il est impossible de la nommer.
Opposition à LFI à travers une motion de censure
Suite à une demande du Président de la République, les différents groupes parlementaires ont été sollicités pour exprimer leur position vis-à-vis de divers gouvernements. J'ai indiqué que notre groupe a clairement affirmé son soutien à une motion de censure immédiate en cas de présence de ministres issus de LFI au sein d'un gouvernement. Comment pourrions-nous accepter, sans réagir, un Ministre de l'intérieur qualifiant nos policiers de barbares ? Un Ministre de l'agriculture décrivant nos agriculteurs comme des pollueurs ? Un Ministre de l'économie traitant nos entrepreneurs comme des bandits ? C'est ce qu'a écrit Gabriel Attal, ancien Premier ministre, aux députés Renaissance, après leur réunion.
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Selon les propos d'un participant, tout le monde était d'accord pour dire qu'il était impossible d'avoir un ministre de La France insoumise au gouvernement. Les positions du parti de Jean-Luc Mélenchon sur la Russie et la violence constante en politique sont des éléments rédhibitoires pour Emmanuel Macron. Les députés Les Républicains seraient prêts à voter une motion de censure contre un gouvernement incluant des ministres de La France insoumise, comme l'a déclaré Laurent Wauquiez après sa rencontre avec Emmanuel Macron.
En vue de former une majorité solide et stable, Emmanuel Macron cherche à éviter que son prochain gouvernement soit censuré peu de temps après sa nomination. Il exclut la possibilité d'un scénario similaire à celui de Lucie Castets, où la droite, l'extrême droite et les partisans de Macron déposeraient une motion de censure pour renverser le gouvernement.
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Cependant, Emmanuel Macron souhaite un changement, mais il préfère que cela se fasse sans le NFP. Il essaie toujours de rester en contrôle, pensant que les résultats des élections législatives n'ont pas été un rejet total et que la composition actuelle du Parlement est tout à fait nouvelle.
Une situation complexe
Il est jugé difficile de trouver une personne répondant aux critères du portrait-robot établi par le président pour le prochain Premier ministre, qui devrait être plutôt de tendance centriste, compatible avec la droite et capable de ne pas être critiqué par les députés socialistes et de gauche modérée. Selon Gabriel Attal, il est important de nommer un Premier ministre issu de l'extérieur des partis du centre, avec un gouvernement représentant une large gamme de sensibilités allant de la gauche aux républicains de droite, afin de pouvoir avancer dans l'intérêt des Français. Cette position est partagée par tous les membres de l'ancienne majorité.
Bernard Cazeneuve est mentionné comme possible Premier ministre, mais il nie toute implication. Il a affirmé à « Libération » qu'il n'avait pas été contacté et que ce sujet n'était pas d'actualité. Il semble également que Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen et membre du PS, ne soit pas non plus en lice pour ce poste. La nomination du prochain Premier ministre pourrait prendre du temps en raison de la complexité de la situation. Emmanuel Macron semble donc être engagé dans un affrontement avec le NFP.
Auteur: Grégoire Poussielgue
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