Si j'étais président, je n'aurais pas fait appel à un arrêt des hostilités à Gaza, contrairement à ce qu'Edouard Philippe pense secrètement.
Par moi-même, Cécile Cornudet
Est-ce que Emmanuel Macron aurait dû participer à la manifestation contre l'antisémitisme ? C'est le genre de question qui irrite Edouard Philippe : "Je remarque que vous cherchez à obtenir une réponse simple", lui reproche-t-il de manière sarcastique. Et pourtant, il accepte d'apparaître successivement dans deux émissions (BFM TV dimanche soir, France Info lundi matin), lui qui évite habituellement les situations où il pourrait être en désaccord avec le président.
Il répond aux interrogations des journalistes de manière indirecte en parlant de son expérience personnelle. Il explique qu'il a participé à cette manifestation, même s'il ne manifeste que très rarement. Selon lui, cette manifestation était très importante car elle abordait des questions fondamentales telles que la définition d'une nation et la manière de lutter contre les démons du passé. Ainsi, il sous-entend qu'il était essentiel d'y participer.
Le débat suscite trop d'hystérie
Lorsqu'il y a une place libre, il est important de la prendre. Sur l'autre sujet qui a animé le monde politique et médiatique, l'ancien Premier ministre a clairement exprimé son opinion. Non, la présence du RN dans le cortège n'était pas un problème. Il pense que dans un combat existentiel, l'important est de savoir contre qui on se bat, et non avec qui. Il considère les grands moments de l'histoire comme des moments de rassemblement. Il affirme qu'il prend tout le monde dans la lutte contre l'antisémitisme. Serait-il président ?
Ce n'est pas le bon moment pour se faire remarquer. L'élection présidentielle est encore loin, l'actualité est trop sensible et le débat est trop hystérique et critiqué par les Français pour y prendre part. Ainsi, Edouard Philippe avance avec prudence. Il profite de ce moment qu'il estime opportun pour exprimer sa différence, presque la chuchoter.
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Edouard Philippe, un moment de déshabillage politique
Il n'y a aucun mot ou phrase que l'on peut reprocher à Emmanuel Macron. Au contraire, le président est justifié de souligner que la résolution du conflit Israël-Hamas doit être politique, selon ses déclarations sur France Info. Vendredi dernier, Emmanuel Macron n'a pas exprimé cette idée, mais il a appelé Israël à un cessez-le-feu à Gaza, avant de nuancer ses propos par la suite. Cependant, Edouard Philippe évite toute critique explicite. Il fait l'éloge de l'intention générale tout en prenant ses distances avec la proposition.
Il est légitime pour Israël de se défendre contre le Hamas, une organisation terroriste. Dans une guerre, il est inévitable qu'il y ait des pertes humaines. Selon l'ancien Premier ministre, la libération des otages est une condition préalable à tout cessez-le-feu. Il répète ces arguments de manière précise et cohérente lors des deux émissions. Il est impossible de critiquer les erreurs du président sans être critiqué en retour. C'est ainsi que l'on pourrait résumer la situation. Edouard Philippe utilise une métaphore pour souligner cette erreur. Tout cela, sans en avoir l'air.
Cécile Cornudet est l'aute
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