Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, s'est rendu dans l'Essonne ce mardi pour discuter du volet simplification de son prochain projet de loi. Il a profité de cette occasion pour expliquer sur le terrain la décision de mettre fin à la politique du "quoi qu'il en coûte" et pour aborder la question de la hausse des prix de l'électricité.
Par moi-même, Isabelle Ficek
« Les jeunes sont très agités. Nous, les personnes âgées, essayons de les apaiser mais la situation risque d'exploser. » C'est ce que déclare un agriculteur, qui cultive des légumes dans l'Essonne, à Bruno Le Maire lors de sa visite à Viry-Châtillon ce mardi. Le ministre est venu rencontrer des acteurs économiques afin de recueillir leurs contributions pour enrichir la partie simplification de la loi qu'il prépare pour le mois de mars.
Le ministre de l'Economie est venu évaluer la situation économique de la ville. Bien sûr, elle est moins dynamique qu'aux points de blocages. Cependant, cela donne déjà une idée de l'ampleur du mécontentement. Tous les problèmes y sont abordés : endettement, transmission d'entreprises, concurrence déloyale, terres en jachère, et la suppression progressive des avantages fiscaux sur le gazole non routier (GNR).
En plus de cela, il y a aussi "la bureaucratie" : Le maraîcher exprime sa frustration en disant : "Je passe deux jours par semaine à faire des tâches administratives, mais mon vrai métier est de produire de la nourriture pour la population". Bruno Le Maire, qui est visiblement touché par ce témoignage approprié, le reprendra devant les chefs d'entreprise pour défendre son projet de loi. Il insiste sur la nécessité de simplifier les choses car les gens, les entreprises et les agriculteurs en ont assez. La salle approuve en hochant la tête.
Le ministre met en avant la stratégie économique mise en place depuis 2017. Cela lui permet de renforcer sa position pour l'avenir et de défendre ses idées, notamment face à la difficulté de la campagne des élections européennes pour la majorité. De plus, il lui faut trouver un moyen de faire accepter l'augmentation des prix de l'électricité ainsi que le doublement des franchises sur les médicaments et les consultations.
Avant d'expérimenter quelques idées dans la salle, Bruno Le Maire rappelle les objectifs clés de cette stratégie. En premier lieu, il vise à atteindre le plein emploi d'ici 2027, ce qui impliquera de prendre des décisions difficiles mais nécessaires concernant l'assurance-chômage. Cela apportera un grand soulagement à une société française qui en a grandement besoin. Il insiste également sur l'importance de continuer à réduire les émissions de carbone et de relancer l'industrie.
Bulle Bardella
Alors que le défi le plus important se profile avec la nécessité de trouver 12 milliards d'économies dès cette année pour le projet de loi de finances 2025, Bruno Le Maire soutient l'idée d'une "nation qui veille à la protection des finances publiques". Il explique à nouveau les raisons de l'augmentation des taxes sur l'électricité tout en critiquant vivement "l'absence de responsabilité et la démagogie des partis d'opposition".
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« Je ne suis pas heureux de devoir présenter au journal télévisé de TF1 que la facture d'électricité va augmenter, mais c'est ma responsabilité. Nous avons protégé, nous avons payé la moitié de la facture […] mais cet argent n'est pas le mien […] ce que le consommateur ne paie pas, c'est le contribuable qui le paie », insiste celui qui vient d'obtenir l'énergie à Bercy, avant d'ajouter : « Il est de ma responsabilité en tant que politicien que la France soit indépendante en matière d'électricité […], de ne pas penser à court terme, mais à long terme, sur dix ou vingt ans. » En somme, celui qui critique la « bulle Bardella qui ne propose aucune solution crédible » espère que ces décisions, bien que impopulaires, seront respectées.
Un dossier complexe
En ce qui concerne la simplification, il affirme qu'il souhaite une "révolution" et un "changement de philosophie" dans la relation entre les citoyens et l'administration, qui peut se résumer par le terme "faire confiance". En pratique, il soutient l'idée de "dire les choses une fois pour toutes" pour éviter de devoir fournir le même document dix fois à l'administration. Il mentionne également les seuils, ainsi que le fait que pour certaines certifications, le silence vaut accord pour un délai plus court.
Il exprime son désir de rendre le pacte Dutreil accessible pour la transmission de propriétés viticoles privées et réaffirme sa volonté de simplifier les évaluations de performance énergétique (DPE). Cependant, il admet que le principal risque lié à la simplification, qui a été évoqué à maintes reprises, est de faire des promesses en l'air.
Par Isabelle Ficek.
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