Selon un sondage réalisé par Ifop pour « Le Figaro », Edouard Philippe, l'ancien Premier ministre, reste le candidat le mieux positionné de la majorité pour l'élection présidentielle à venir. Cependant, Gabriel Attal, le ministre de l'Education nationale, est testé pour la première fois et arrive en deuxième position, juste derrière lui.
Écrit par Isabelle Ficek
À moins de quatre ans de l'élection présidentielle à venir, est-ce que cela pourrait être plus qu'une simple illusion, le début de quelque chose de concret ? Depuis la rentrée et les résultats positifs des sondages pour le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, son équipe ne cesse de se répéter qu'il faut rester calme et rationnel. Cependant, cette consigne est aussitôt suivie d'une affirmation : "Il se passe quelque chose".
Dans une enquête réalisée par l'Ifop pour « Le Figaro » et publiée lundi soir, Gabriel Attal, bien qu'il n'ait pas fait de déclaration publique concernant une éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2027, est testé cette semaine. Parmi les candidats potentiels du camp présidentiel, le ministre de l'Education nationale arrive en deuxième position avec 19% des intentions de vote, derrière Edouard Philippe. Marine Le Pen, quant à elle, recueillerait 33% des intentions de vote. Gabriel Attal passe également devant ses aînés, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances (18%), et Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur (16%).
Parcours politique récent
Cela indique que les personnes interrogées reconnaissent une certaine fiabilité au ministre de l'Éducation nationale, même s'il est encore jeune (34 ans) et qu'il a récemment commencé sa carrière politique. Il a occupé le poste de secrétaire d'État à la Jeunesse puis de porte-parole, où il s'est fait connaître. Ensuite, il est passé à Bercy et au Budget, où il a développé son discours sur les classes moyennes et la lutte contre la fraude.
En 2027, Gabriel, surnommé "le jeune Gabriel" par Jean Castex pendant son temps à Matignon, aura 38 ans. Il aura seulement un an de moins qu'Emmanuel Macron lorsqu'il est devenu président en 2017, bien qu'il n'ait jamais été élu auparavant et qu'il n'ait pas bénéficié du soutien d'un grand parti politique.
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Indéniablement, Edouard Philippe, ancien Premier ministre, reste le candidat le mieux positionné pour cette élection, avec 25% des intentions de vote (en baisse de 1 point par rapport à mars 2023). En tant que président et fondateur du parti Horizons, il est celui qui se rapprocherait le plus de Marine Le Pen, qui obtiendrait quant à elle 31% des voix face à lui.
Cependant, le maire du Havre, qui est en train de construire son parti avec patience, composé de nombreux maires, fait également l'expérience des difficultés de se maintenir, d'être entendu, de faire prospérer son image et son statut. Cela est dû au fait qu'il est assez éloigné des décisions nationales, même s'il dispose d'un groupe à l'Assemblée nationale et a vu ses partisans renforcés au Sénat après les élections sénatoriales de fin septembre.
Des doutes sur son "envie" et son "projet"
Malgré ses déclarations récentes sur RTL, où il affirme avec détermination qu'il sait exactement ce qu'il veut faire d'ici à 2027 et pour 2027, Edouard Philippe, qui a déjà fait campagne électorale par le passé, est conscient de la rude bataille qui l'attend. Même en interne, la compétition entre les prétendants a commencé très tôt, étant donné qu'Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter en 2027.
Même parmi ses amis proches, comme le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, des interrogations commencent à émerger. Bien qu'il ait réaffirmé sa conviction qu'Edouard Philippe est la meilleure option pour 2027, il s'est également questionné sur sa motivation et son projet.
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Même s'il se classe seulement quatrième parmi les candidats du camp présidentiel, avec un taux de soutien de 16% contre 33% pour une candidate d'extrême droite, Gérald Darmanin a néanmoins augmenté de 5 points depuis mars 2023, ce qui confirme son importance au sein du camp présidentiel.
Cela va encore augmenter la compétition entre les candidats potentiels à la présidentielle, qui se déroule plus ou moins ouvertement pour le moment. Le parti Renaissance ne veut absolument pas ouvrir cette compétition avant les élections européennes de juin prochain. Tous les candidats du "bloc central" ont un point commun : ils obtiennent des scores faibles auprès des classes populaires, y compris Gérald Darmanin, qui pourtant en a fait une priorité.
Par Isabelle Ficek.
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