L'inaction de Laurent Wauquiez suscite des inquiétudes au sein des Républicains en vue de l'élection présidentielle de 2027. Selon un sondage de l'Ifop pour « Le Figaro », le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes est crédité de intentions de vote très faibles. De nombreux membres de la droite espèrent qu'il s'engage davantage dans la politique nationale.
Par moi, Jacques Paugam
Bien qu'il ne se soit pas encore déclaré candidat à la présidentielle, Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, reste en retard dans les sondages. Malgré sa relative discrétion médiatique, il ne recueille que 6% des intentions de vote à l'élection présidentielle, selon un sondage Ifop-Fiducial pour "Le Figaro" publié lundi soir. Il est loin derrière ses rivaux de droite, Edouard Philippe (25%) et Gérald Darmanin (16%), tandis que Marine Le Pen est en tête de course avec 31 à 33%.
Malgré le mauvais résultat, le candidat choisi et soutenu par Eric Ciotti, le président de LR, reste le favori au sein de son parti politique pour la course à la présidence. Un sénateur, qui souhaiterait voir l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy être plus actif, s'irrite en soulignant qu'il est clairement supérieur intellectuellement mais que sa stratégie est difficile à comprendre. Parmi les députés, ses partisans abordent avec hésitation la question de sa popularité tout en reconnaissant implicitement un problème d'image.
Laurent Wauquiez se concentre principalement sur son rôle de président de région et évite de participer au débat national, à l'exception de quelques entretiens approfondis avec la presse écrite. Cependant, il a créé la controverse en annonçant son intention d'exonérer la région Auvergne-Rhône-Alpes de la mesure de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols, ce qui a été critiqué comme étant nuisible pour les zones rurales.
Malgré des sondages défavorables, le protagoniste refuse de changer de direction après avoir exprimé ses ambitions lors de l'événement de rentrée des jeunes membres du parti Les Républicains à Valence : "Maintenant, je suis prêt", a-t-il affirmé publiquement pour la première fois en faisant référence à l'élection présidentielle à venir. "Il peut y avoir des difficultés, des obstacles, on peut ressentir le doute et le découragement, mais la seule règle est de rester sur la bonne voie, de garder en soi le cap", a-t-il souligné.
Économiser du temps
Cette volonté a du mal à convaincre les électeurs pour l'instant. Laurent Wauquiez obtient un score à l'élection présidentielle à peine plus élevé que celui de Valérie Pécresse l'année dernière.
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À droite, des inquiétudes commencent à se manifester à l'approche des élections européennes de juin prochain. Malgré les avertissements concernant leur candidat, les proches de ce dernier font semblant de ne pas voir le danger qui se trouve encore loin en 2027. Au sein de LR, on minimise l'idée de demander aux Français de se prononcer si tôt, et il n'est pas encore question de modifier les statuts pour permettre à Laurent Wauquiez de devenir candidat.
De manière officielle, le parti prend son temps en attendant les prochaines élections internes qui se tiendront à la fin du mois de novembre. En coulisses, Eric Ciotti tente de retarder les choses afin de protéger son candidat qui se trouve encore en bas des sondages.
« Je dois m'investir davantage »
Le projet de loi sur l'immigration, dont l'examen débutera dès la semaine prochaine au Sénat, suscite également des inquiétudes. Du côté de la majorité sénatoriale, on déplore que Laurent ne s'implique pas suffisamment. Les Républicains, qui considèrent le retrait de l'article 3 comme une ligne rouge, n'ont pas encore défini de stratégie en cas de vote favorable au Sénat, ce qui mettrait les députés de droite dans une situation embarrassante. Un cadre du parti Les Républicains redoute que si nous ne changeons pas notre politique en matière d'immigration, nous serons perdus aux élections européennes.
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Au sein de la coalition, certains membres souhaitent que Laurent Wauquiez participe à la réunion hebdomadaire des députés pour exprimer sa position. Bien qu'il ait déjà rencontré de nombreux élus, le président de région n'a pas encore pris position officiellement, mais il ne serait pas mécontent de voir Gérald Darmanin, qui est à la fois un rival potentiel et le ministre de l'Intérieur actuel, échouer sur un texte aussi crucial.
Un député de la majorité est d'avis que Laurent Wauquiez refuse catégoriquement de donner raison au gouvernement sur ce sujet qui relève de ses compétences. Selon lui, il semble vouloir pousser les députés LR à adopter une position ferme. En privé, Laurent Wauquiez, qui semble agir selon ses propres intérêts, confie régulièrement, peut-être pour calmer les tensions à droite, qu'il doit s'investir davantage après les élections européennes.
Personne: Jacques Paugam
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