Les membres du parlement ont approuvé l'interdiction des substances chimiques persistantes, mais ont exclu SEB de cette mesure. La proposition de loi adoptée ce jeudi à l'Assemblée nationale prévoit l'interdiction des PFAS dans les produits cosmétiques, les produits de fart (pour les skis) et la plupart des vêtements à partir du 1er janvier 2026. Suite aux pressions du groupe SEB, les ustensiles de cuisine ne seront finalement pas touchés par cette interdiction.
Écrit par Anne Feitz
Une avancée importante a été réalisée dans la lutte contre les produits chimiques persistants et potentiellement nocifs pour la santé, appelés PFAS.
Ce jeudi, les membres du Parlement ont approuvé en premier lecture une proposition de loi proposée par le député écologiste Nicolas Thierry. Cette loi vise à interdire certains produits dans certains secteurs en France à partir du 1er janvier 2026, notamment les cosmétiques, les produits de fart (pour les skis) et la plupart des vêtements textiles.
Nicolas Thierry s'est réjoui de l'importance du premier pas dans la lutte contre les polluants persistants, suite à un vote unanime avec 186 voix pour et aucune voix contre sur 213 présents.
Les discussions ont été animées et parfois tendues à l'Assemblée. Malgré son adoption unanime en commission du Développement durable la semaine précédente, le texte proposant l'interdiction des PFAS dans le secteur des ustensiles de cuisine à partir de 2026 a suscité des débats houleux.
Cependant, SEB, qui produit les célèbres poêles Tefal avec un revêtement antiadhésif contenant des PFAS, s'est défendu en affirmant que la molécule utilisée était sans danger et en soulignant les 3 000 emplois en France qui auraient été menacés par la loi. Au nom des partis de la majorité présidentielle (Renaissance, Horizons, Modem), le député Modem Cyrille Isaac-Sibille a proposé un amendement de dernière minute repoussant la date d'interdiction à 2030 pour les quatre secteurs concernés.
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Lors de la séance parlementaire de jeudi, les députés n'ont pas choisi cette option, qui a été rejetée par les écologistes en raison de sa date trop éloignée. Cependant, ils ont décidé de ne pas inclure les ustensiles de cuisine dans le texte.
Le gouvernement a envoyé le ministre de l'Industrie, Roland Lescure, pour exprimer son désaccord avec le texte, plutôt que le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. Selon lui, bien que la pollution aux PFAS soit un problème de santé publique, la régulation devrait être gérée au niveau européen. En effet, l'Agence européenne des produits chimiques travaille sur un projet visant à interdire les PFAS, mais cette interdiction ne sera pas mise en place avant 2027-2028.
Principe du "pollueur payeur"
Le ministre a également adopté l'argument de SEB, affirmant que la substance utilisée dans les poêles, le PTFE, sera probablement considérée comme non dangereuse au niveau européen. Il a déclaré qu'il était raisonnable de le penser, bien qu'il reconnaisse le manque de données à ce sujet. Cependant, plusieurs experts contestent cette innocuité en soulignant que le processus de fabrication et la décomposition des produits en fin de vie génèrent des molécules toxiques.
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Malgré l'opposition du gouvernement français à l'interdiction des PFAS avant Bruxelles, les députés ont décidé de retirer les ustensiles de cuisine du texte adopté, avec 128 voix pour et 113 voix contre. Nicolas Thierry a exprimé sa déception face au lobbying d'un industriel qui a influencé des députés de la majorité, de la droite et de l'extrême droite. De son côté, le groupe SEB s'est dit satisfait que la décision repose sur la science et la raison.
La décision prise ce jeudi inclut également une interdiction progressive des rejets de PFAS dans l'eau dans les cinq prochaines années après l'approbation de la loi, ainsi que l'obligation de surveiller leur présence dans l'eau potable et de faire contribuer financièrement les industries selon le principe du "pollueur payeur". L'association Générations futures a salué cette avancée comme une première victoire importante dans la lutte contre la pollution de l'eau.
Le projet de loi sera soumis aux sénateurs pour examen et pourrait être discuté le 30 mai lors de la journée dédiée aux écologistes au Palais du Luxembourg.
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