Le gouvernement Attal suscite des inquiétudes chez Les Républicains qui redoutent que certains de leurs membres ne rejoignent les rangs de ce gouvernement, suite à la nomination de Rachida Dati au ministère de la Culture. Cette situation risque d'aggraver les tensions entre la droite et le pouvoir exécutif.
Par moi-même
Les membres du parti Les Républicains sont prudents. Ils craignent de nouveaux départs alors que la composition complète du gouvernement est attendue. Les dirigeants du parti ont été profondément perturbés par la nomination récente de Rachida Dati au ministère de la Culture. Au sein de LR, on s'efforçait toute la journée de mardi de minimiser l'importance de tout mouvement de ralliement venant de la droite.
« Ils ont déjà pris Dati, mais nous ne nous arrêtons pas. Nous continuons à avancer et à tracer notre propre chemin », se plaint l'entourage d'Eric Ciotti, le dirigeant du parti. Selon l'exécutif, des sénateurs LR seraient également dans leur ligne de mire. Cependant, le chef de file de la droite au Sénat, Bruno Retailleau, a déjà averti : « Le recrutement ne profite ni à la démocratie ni à la politique ! » En d'autres termes, l'entrée de sénateurs au gouvernement créerait plus de tensions au sein de la Chambre Haute, qui est pourtant essentielle pour l'adoption des textes.
« Nos idées ne sont pas du tout éloignées »
« Au Sénat, ils sont quand même assez inquiets de Gérard Larcher », explique un stratège qui a du mal à envisager le départ de François-Noël Buffet, l'actuel président LR de la commission des Lois, pour rejoindre le gouvernement. Certains médias ont évoqué cette possibilité, mais l'intéressé l'a niée lors d'une réunion de groupe ce mardi, affirmant n'avoir reçu aucune proposition de l'exécutif. Dominique Estrosi Sassone, sénatrice LR des Alpes-Maritimes, dont le nom a été évoqué, a également démenti.
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À l'Assemblée nationale, la situation semble encore plus compliquée. Bien que le groupe soit divisé, les quelques députés considérés comme constructifs ne sont pas d'une grande importance individuellement pour l'exécutif. L'entourage d'Eric Ciotti estime que cela serait une autre mauvaise façon de procéder, mais médiatiquement, cela serait toujours moins impactant que Dati et cela n'influencerait pas une seule voix.
Si l'on continue à durcir la position des députés LR, en plus de l'immigration, cela risquerait également de perdre le seul groupe pivot capable de faire pencher les décisions législatives. "Nous adoptons une attitude contre-productive basée sur des tensions mutuelles. Nos idées ne sont pas si éloignées de celles du nouveau Premier ministre", affirme Nicolas Forissier, député de l'Indre, qui est considéré comme compatible avec Macron. Il demande à la fois à LR et au gouvernement de "changer de discours".
La possibilité d'une motion de censure hypothétique est évoquée
Loin de la position exprimée par Olivier Marleix ce matin lors de sa conférence de presse, qui affirmait que si Emmanuel Macron faisait des débauchages politiques, cela signifierait qu'il souhaite détruire Les Républicains et installer un duel permanent avec le Rassemblement national. Le chef des députés Les Républicains n'hésite plus à évoquer la possibilité d'une motion de censure hypothétique après avoir refusé de voter celle proposée par La France Insoumise hier.
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La possibilité de recruter de nouveaux membres pose également la question de futures alliances en vue de la prochaine élection présidentielle. "Ce que Rachida Dati a fait, c'est le début d'une démarche qui finira par aboutir", a reconnu Hervé Marseille, président de l'UDI, peu de temps après l'annonce de sa nomination. Cependant, au sein de la droite, la possibilité d'être intégré dans une majorité plus large, au nom de la politique du "en même temps" présidentiel, ne suscite pas vraiment l'enthousiasme.
Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine et partisan d'une certaine stabilité, résume en disant que soit Macron propose un véritable accord gouvernemental en se basant sur nos propositions, soit il choisit de recourir au débauchage.
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