Le gouvernement est en train de finaliser son plan visant à préparer la France à une augmentation de la température de 4°C. Ce plan, qui comprendra environ cinquante mesures, sera examiné en février avant d'être soumis à consultation en mars. Son objectif est de fournir un cadre aux décideurs politiques et économiques afin que leurs décisions à long terme soient adaptées aux futurs changements climatiques.
Ecrit par Anne Feitz
La France est en bonne voie pour mettre en place un important plan d'adaptation au réchauffement climatique de 4 °C. Les décisions seront présentées à Matignon d'ici fin février. Ensuite, le plan sera soumis à consultation un mois plus tard, en vue d'une publication prévue pour le début de l'été, a déclaré Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique, ce vendredi.
Le ministre a souligné que cette année, en 2024, sera l'année de l'ajustement. Il organise aujourd'hui un grand débat sur le sujet, en présence de scientifiques, de professionnels et d'élus locaux. Le sujet a même été abordé pour la première fois par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse, mardi. Le président a déclaré: "Nous devons nous adapter. Que cela signifie-t-il? Nous devrons changer nos vies, nos paysages."
Ce plan est très attendu et il fait partie de la planification écologique supervisée par Matignon. Selon Christophe Béchu, il comprendra environ cinquante mesures. Son objectif est de fournir un nouveau cadre aux acteurs politiques et économiques afin qu'ils prennent des décisions adaptées au réchauffement climatique actuel dès maintenant.
Malgré les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les scientifiques estiment maintenant que la trajectoire se situera entre +2,8°C et +3,2°C à l'échelle mondiale, ce qui correspondrait à une augmentation de +4°C en France d'ici à 2100. Christophe Béchu insiste sur le fait qu'il serait irresponsable de croire que tout ira bien et que l'Accord de Paris sera respecté (à moins de 2°C). Il est nécessaire de sortir du déni.
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Cependant, dans un futur où la température en France augmenterait de 4°C, les risques d'inondation, de submersion, de canicule, de sécheresse et d'incendie seraient considérablement plus élevés qu'aujourd'hui. Il est important d'évaluer les impacts et les coûts de ces risques. Il sera également nécessaire de revoir les normes des matériaux utilisés dans la construction et les infrastructures. Par exemple, les rails se dilateraient au-delà d'une certaine température, comme l'explique le ministère de la Transition écologique (MTE).
Cependant, cela implique également la mise à jour des cartes des zones sujettes aux inondations, la révision du Code du travail pour ajuster les horaires autorisés en fonction de la température, la prévention des îlots de chaleur en milieu urbain grâce à la renaturation, l'adaptation du confort des logements, et l'aide aux agriculteurs pour adapter leurs cultures à des périodes de sécheresse plus fréquentes.
Le niveau politique est fortement impacté
En plus des problèmes causés par le manque de neige dans de nombreuses stations de ski actuelles, ou par le retrait-gonflement des sols argileux dû aux changements climatiques, qui affecte environ 11 millions de biens immobiliers selon Christophe Béchu. Une conseillère affirme qu'il y a des discussions dans tous les domaines et secteurs.
Lancé il y a exactement un an, le troisième Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC) vise à être plus ambitieux que les précédents. Selon Marie Nicol, du think tank I4CE, le fait que ce plan soit soutenu politiquement au plus haut niveau est un signe encourageant. En effet, les études et les mesures techniques ne suffisent pas, il est également nécessaire de faire évoluer la mentalité face au risque pour que tous les acteurs s'impliquent.
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Les ressources allouées à cette question seront également un indicateur intéressant – à déduire du coût de ne rien faire. "Le projet de budget pour 2024, qui a augmenté le financement du fonds vert par exemple, a donné des signaux positifs initiaux. Cependant, il sera également nécessaire de mettre en place des ressources humaines, car il est nécessaire d'aider les acteurs à se poser les bonnes questions", explique Marie Nicol. L'I4CE recommande même la création d'un service public indépendant dédié, similaire à ce qui se fait au Québec ou en Grande-Bretagne.
Il faudra patienter encore quelques semaines afin de savoir si ce PNACC3 sera suffisamment à la hauteur des enjeux. Une source ministérielle indique que sa présentation au Premier ministre devait avoir lieu fin janvier, mais les décisions ont été repoussées en raison du remaniement. À moins que Christophe Béchu ne révèle quelques mesures préliminaires lors de la réunion de mardi.
Anne Feitz est
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