Eric Dupond-Moretti, un procès unique en son genre, accessible uniquement aux abonnés. Contenu exclusivement réservé aux abonnés.
C'est une situation sans précédent dans l'histoire de la Ve République. Le procès qui commence aujourd'hui et se tiendra jusqu'au 17 novembre est un véritable défi pour les institutions et soulève autant de questions politiques que juridiques. Le ministre de la Justice, accusé de "prise illégale d'intérêts", aurait-il utilisé sa position pour régler ses différends avec les magistrats qu'il avait affrontés lorsqu'il était avocat ?
Selon les auteurs Valérie de Senneville et Grégoire Poussielgue,
Le ministre de la Justice n'a pas tort lorsqu'il qualifie cette histoire de folle. Depuis le début de cette affaire, Eric Dupond-Moretti est en colère et ne cesse de fulminer. Même en tant que garde des Sceaux depuis juillet 2020, cet avocat n'a rien perdu de sa capacité à s'indigner et à se battre. Cependant, il est possible que cela soit précisément là où le problème se situe : le monde judiciaire le surnommait « Acquitator » pour ses succès aux assises, mais aurait-il utilisé ses nouvelles fonctions pour se venger de magistrats avec lesquels il aurait eu des différends lorsqu'il était avocat ? Du 6 au 17 novembre, Eric Dupond-Moretti devra comparaître devant la Cour de justice de la République (CJR) pour répondre de l'accusation de « prise illégale d'intérêt », seule juridiction habilitée à juger les ministres pour des délits ou crimes commis dans l'exercice de leurs fonctions.
C'est vraiment incroyable à plusieurs égards : pour la première fois, un ministre en exercice va comparaître. Il y a bien eu d'anciens ministres et secrétaires d'État qui ont été devant elle depuis sa création en 1993 : onze au total, dont des gardes des Sceaux comme Jean-Jacques Urvoas, condamné en 2019 à un mois de prison avec sursis et à une amende de 5 000 euros pour violation du secret dans une enquête. Mais jamais un ministre en fonction ! Tous les autres avaient déjà quitté le gouvernement ou démissionné, suivant ainsi la "jurisprudence" Beregovoy-Balladur selon laquelle un ministre mis en examen doit démissionner. Une pratique que Emmanuel Macron a interrompue depuis son arrivée à l'Élysée.
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