En politique, à Grenoble, les membres du parti écologiste se préparent pour l'après Piolle. Avant les élections municipales de 2026, le journal "Les Echos" analyse la situation politique des grandes villes françaises suite aux élections législatives du mois dernier. Eric Piolle, qui a permis aux Verts de prendre en charge pour la première fois une ville de plus de 100 000 habitants en 2014, a annoncé qu'il ne se présenterait pas en 2026. Malgré cela, la gauche reste bien implantée dans la ville.
Écrit par Florian Espalieu
Eric Piolle s'est engagé à ne pas dépasser deux mandats en tant que maire de Grenoble. Il avait promis cela dès sa première élection et il compte bien respecter sa parole. Il souligne qu'en 2014, son équipe a été la première à remporter une préfecture en tant qu'écologistes, puis à conserver ce mandat en 2020. Il souhaite maintenant être le premier à passer le flambeau en 2026.
Actuellement, la personne qui sera la tête de liste pour les élections municipales n'a pas encore été choisie. Le maire actuel est confiant car les partis de gauche ont obtenu de bons résultats à Grenoble lors des derniers scrutins. Il souligne que depuis plusieurs années, quel que soit le taux de participation, les partis de gauche obtiennent plus de 50% des voix, comme cela a été le cas aux élections départementales en 2021.
Lors des élections européennes, Grenoble a placé en tête la liste de La France insoumise de Manon Aubry (21,9%), suivie de près par la liste PS-Place publique de Raphaël Glucksmann (21,2%). Le Rassemblement national a pris la troisième place avec 13,5%, dépassant les Ecologistes en chute libre à 12,9% contre 22,4% en 2019. Au niveau national, la liste de la majorité présidentielle a été largement battue avec seulement 11,7% contre 24% en 2019, tout comme Les Républicains avec 5,1%.
Lors des élections législatives, deux circonscriptions à Grenoble ont confirmé une tendance particulière. Dans la première circonscription, Hugo Prevost (NFP-LFI) a réussi à battre Olivier Véran, député macroniste sortant et ancien ministre de la Santé, avec une large avance de 55% dans les bureaux de vote de la ville. Dans la troisième circonscription, Elisa Martin (NFP-LFI), députée sortante et ancienne première adjointe d'Eric Piolle, a été réélue avec une confortable avance de 62% dans l'ensemble de la circonscription et de 76% à Grenoble, face à une candidate du RN – la candidate du camp présidentiel ayant retiré sa candidature.
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Malgré son implication dans une enquête menée par le parquet de Grenoble suite à un article du 5 juin publié par « Le Canard enchaîné », il a été affirmé qu'un collaborateur du maire (jusqu'en 2022) aurait versé une partie de son salaire en espèces à l'élue entre 2017 et 2020, pour un total de 16.800 euros. Eric Piolle, également impliqué, accuse son ancien conseiller de vouloir lui nuire et espère que la justice traitera rapidement l'affaire. Il souligne que ces accusations n'ont pas empêché Elisa Martin d'être élue comme l'une des députées les plus populaires.
Le rôle d'Alain Carignon
De l'autre côté du spectre politique, Alain Carignon (LR), qui préside le premier groupe d'opposition et envisage de se présenter à nouveau en tant que tête de liste, a une vision plus nuancée de la prochaine élection municipale. Selon lui, la gauche sera divisée en trois parties, avec un tiers d'extrême gauche, un tiers de sociaux-démocrates et de centre, et un tiers pour la droite. Il prône donc un large rassemblement, incluant le centre et une partie de la gauche, autour d'un projet commun. Selon lui, il y a un consensus sur le fait que la ville est confrontée à des difficultés financières malgré l'augmentation de la taxe foncière. Alain Carignon, qui a été maire de 1983 à 1995, estime qu'il pourrait bénéficier d'un soutien électoral potentiel de 45 % qui pourrait renverser la majorité actuelle.
Emilie Chalas, ancienne députée de la majorité présidentielle et membre de l'opposition municipale, constate que la situation à Grenoble reflète celle qui se déroule au niveau national au sein de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), où le Parti Socialiste ne peut plus tolérer les positions de l'extrême gauche écologiste ou de La France insoumise. Elle espère une victoire d'un rassemblement allant au-delà des clivages politiques, du PS à la droite libérale en passant par les sociaux-démocrates, mais pense que la présence de 4 listes comme en 2020 serait préjudiciable. Cependant, elle pose une condition non négociable : Alain Carignon ne peut pas être inclus. Malgré la compréhension de ses idées, sa condamnation en 1995 pour corruption et abus de biens sociaux dans l'affaire du service public des eaux de Grenoble, ainsi que son âge (76 ans en 2026), font qu'une partie du centre et de la gauche ne voterait pas pour lui.
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Florian Espalieu (Journaliste basé à Grenoble)
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