La possible destitution d'Emmanuel Macron divise encore plus La France insoumise et le Parti socialiste. Olivier Faure a rapidement pris ses distances avec l'action des Insoumis. Les membres du PS critiquent vivement la stratégie populiste de LFI, qu'ils estiment destinée à l'échec.
Écrit par Hadrien Valat
Malgré leurs réticences, une partie des socialistes ont finalement accepté de former une nouvelle alliance avec les membres de La France insoumise après la dissolution de l'Assemblée nationale. Jusqu'à présent, les membres du parti socialiste opposés à La France insoumise avaient gardé un profil bas. Cependant, la menace de destitution du président brandie par La France insoumise a été le déclencheur pour raviver les tensions au sein du parti socialiste.
Les responsables de La France insoumise ont critiqué Emmanuel Macron pour ce qu'ils considèrent comme un abus de pouvoir contre la démocratie, en refusant de reconnaître les résultats des élections législatives et en nommant Lucie Castets à Matignon. Ils ont cité l'article 68 de la Constitution, qui autorise le Parlement à destituer le président en cas de manquement grave à ses fonctions.
"Difficile à mettre en œuvre"
Olivier Faure, le chef du Parti Socialiste, qui a contribué à la création de la Nupes et du Nouveau Front populaire, a dû réagir: "Seuls les dirigeants de la France Insoumise ont signé cette tribune. Cela n'engage que leur parti. La réponse à une nomination d'un Premier ministre qui ne respecterait pas la tradition républicaine est la censure", affirme-t-il. "La destitution est compliquée à réaliser. Elle nécessite une majorité des 2/3 dans les deux chambres", explique le chef du parti socialiste.
Ceux qui critiquent l'alliance avec LFI le font de manière plus directe. Pour eux, cette alliance n'a pas été discutée, approuvée ou engagée par le NFP. Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, critique fortement le parti de Jean-Luc Mélenchon en qualifiant cette tribune d'inutile et non engageante. De son côté, le sénateur PS de Paris, Rémi Féraud, se demande si on peut réellement gouverner avec LFI ou si c'est juste une façade.
"Une approche populiste et démagogique"
"Ceux qui persistent à croire ou à nous convaincre qu'une collaboration avec la stratégie populiste et démagogique de LFI peut être bénéfique nous mènent dans une mauvaise direction. Cela représente un obstacle et une raison de répulsion pour de nombreux citoyens français", critique Lamia El Aaraje, adjointe d'Anne Hidalgo, sur le réseau social X.
A découvrir également :
Les opinions divergent à gauche concernant la demande de destitution de Macron
Emmanuel Macron invite les dirigeants des différents partis politiques pour discuter de la formation d'un nouveau gouvernement.
"Comment aider le Président en proposant une menace constitutionnelle et politiquement impossible, qui divise légitimement la gauche (une fois de plus prise au dépourvu)", s'indigne le député de l'Essonne Jérôme Guedj, qui est souvent en désaccord avec les insoumis. "Une initiative solitaire, clairement destinée à échouer et peu crédible : en d'autres termes, du pur Mélenchon", critique-t-il.
Les membres de La France insoumise menacent de destituer le Président de la République. Les personnes agitées s'agitent, mais cela semble être une tentative vouée à l'échec. Le sénateur socialiste Hussein Bourgi critique également cette agitation et appelle à se concentrer sur des sujets plus importants. Cette nouvelle agitation au sein du NFP survient à seulement cinq jours de la rencontre prévue entre Emmanuel Macron et l'alliance des gauches, où les quatre partis tenteront de faire élire leur candidate Lucie Castets en tant que Premier ministre.
Hadrien Valat
—
Découvrez nos nouvelles offres Premium !
Nos vidéos
Qui sont les véritables gagnants des paris sportifs en ligne ?
Les pays du Club Med font leur revanche : Portugal, Espagne, Grèce
Est-ce que les jeunes rencontrent réellement des difficultés avec le travail ?
La concurrence peut-elle faire baisser les tarifs des billets de train à la SNCF ?
Les articles les plus consultés
Le débat sur l'option Bernard Cazeneuve divise le Parti Socialiste et ne convainc pas le reste de la gauche
Lucie Castets repart à l'attaque de Matignon
Anne Hidalgo veut tirer profit du succès des Jeux Olympiques de Paris
En tête d'affiche
Les divisions de la gauche autour de l'appel à destituer Macron
L'Allemagne réduira son assistance militaire à l'Ukraine en 2025
L'alliance entre Disney, Fox et Warner dans le domaine du sport bloquée par la justice
Vie politique
La menace de destitution d'Emmanuel Macron crée des tensions entre La France Insoumise et le Parti Socialiste
Le Parti Socialiste divise sur l'option Bernard Cazeneuve et ne convainc pas le reste de la gauche
Le mouvement Horizons veut occuper une place centrale dans le jeu parlementaire
Informations pratiques
P
L'Ensemble
Tous les droits sont protégés – Copyright Les Echos 2024