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La dégradation des forêts compromet les objectifs de réduction des émissions de CO2: un défi pour le climat

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La dégradation des forêts compromet les objectifs de réduction des émissions de CO2: un défi pour le climat

Le changement climatique impacte négativement les forêts, ce qui compromet les efforts de réduction des émissions de CO2. La capacité des forêts à stocker du carbone diminue de manière préoccupante, rendant les objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour les années 2030 et 2050 plus difficiles à atteindre.

Écrit par Marie BELLAN

En France, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué d'environ 6% en 2023, ce qui a été salué par le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. Il a récemment exprimé sa satisfaction devant les médias. De plus, ces émissions ont continué de diminuer au même rythme en début d'année.

Cependant, malgré les aspects positifs de cette situation, il subsiste un problème majeur : les puits de carbone.

Une grande inertie se produit dans les écosystèmes terrestres tels que les forêts, les prairies et les haies, qui absorbent du dioxyde de carbone grâce à la photosynthèse pour réduire sa présence dans l'atmosphère. Cependant, ce processus est perturbé par le réchauffement climatique, qui entraîne des phénomènes tels que la sécheresse, les vagues de chaleur, la prolifération de parasites comme les scolytes et les incendies. Ces facteurs affaiblissent le rôle des forêts en tant que puits de carbone, pouvant même conduire à une émission nette de carbone dans l'air dans certaines régions, notamment dans le Grand Est.

Les données sont claires : en 2022, le secteur a absorbé 18 millions de tonnes équivalent CO2 (Mtéq), contre 28 Mtéq CO2 en 2019. Pour l'année 2030, la France prévoit maintenant une stabilisation à 18 millions de tonnes, avec une possible détérioration par la suite qui pourrait réduire le puits forestier à seulement une dizaine de millions de tonnes en 2050. C'est pourquoi la France, dans son plan national énergie-climat soumis à la Commission européenne début juillet, n'a pas mentionné la réduction de 55 % des émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici 2030, en incluant les puits de carbone.

Selon le ministère de la Transition écologique, le puits de carbone, principalement constitué par la forêt, est moins contrôlable que les émissions de gaz à effet de serre. Même en prenant des mesures actives, comme la plantation d'un milliard d'arbres sur une décennie, cela ne représente que 10% de la forêt, laissant les 90% restants intacts et immuables.

Au Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), on ne se décourage pas. Selon Antoine Pellion, le directeur, il existe différentes façons d'agir. Tout d'abord, il s'agit de couper les arbres malades de manière plus professionnelle dans tous les massifs forestiers, puis de replanter des arbres adaptés avec différentes espèces pour diversifier les massifs. Ensuite, il faut étendre les pratiques agricoles qui protègent les sols. Enfin, il est important de cesser de détériorer le puits existant en préservant les prairies et en évitant de trop artificialiser les sols.

Le secteur du bois de construction

Cependant, il faudra attendre longtemps pour voir les résultats de cette politique : "Lorsqu'on plante un arbre, il absorbe très peu de CO2 au cours des vingt premières années. Les effets de nos actions actuelles ne seront visibles qu'à partir de 2050", précise le ministère de la Transition écologique.

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Le SGPE suggère également de favoriser le développement d'une industrie du bois en France, notamment pour la construction et la rénovation énergétique des bâtiments. Cela permettrait de stocker le carbone dans ces produits en bois. Selon le SGPE, il est possible d'augmenter de 50 % les volumes de bois utilisés dans la construction d'ici 2035, ce qui pourrait permettre de séquestrer environ 8,7 millions de tonnes équivalent CO2 d'ici 2030.

D'ici là, il ne faut pas espérer que les puits de carbone des pays européens puissent nous aider. La situation est également très préoccupante en Espagne, en Roumanie et en Allemagne. Dans d'autres parties du monde, la situation est tout aussi alarmante. Selon une étude récente du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), une diminution soudaine des puits de carbone terrestres a été constatée en raison du réchauffement extrême de l'année 2023 et de la méga-sécheresse observée en Amazonie.

Philippe Ciais, qui a participé à l'étude, met en garde contre une augmentation rapide des niveaux de CO2 et du réchauffement climatique si la tendance à la baisse se maintient. Cette évolution n'avait pas été anticipée dans les prévisions climatiques.

Nom: Marie Bell

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