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Le RN divisé sur la suppression des régions: une réforme controversée en perspective

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Le RN divisé sur la suppression des régions: une réforme controversée en perspective

Des dissensions au sein du Rassemblement National concernant la suppression des régions

Le député du Rassemblement National de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, a suggéré aujourd'hui de mettre fin à l'existence des régions et a défendu la création du poste de conseiller territorial. Cette proposition de réforme est loin de faire l'unanimité parmi les membres du parti d'extrême droite.

Écrit par Jacques Paugam et Laurent Thévenin

Est-ce possible de réduire le déficit public en supprimant "l'échelon politique de la grande région" ? C'est la proposition audacieuse avancée aujourd'hui par Jean-Philippe Tanguy, le député du Rassemblement National de la Somme, lors d'une interview sur RMC. Il suggère que les départements devraient coopérer plus étroitement les uns avec les autres, ce qui serait suffisant selon lui. Il affirme vouloir remettre en cause les pratiques traditionnelles du ministère des Finances, en commençant par la complexité de l'administration.

L'idée de réduire l'immigration n'est pas nouvelle pour l'extrême droite. Elle était présente dans le programme présidentiel de Marine Le Pen en 2017, mais n'a pas été abordée lors de l'élection présidentielle de 2022. Cependant, elle refait surface maintenant en raison de la situation financière difficile. Selon des sources au sein du groupe RN à l'Assemblée, cette mesure n'était pas considérée comme urgente en 2022, mais compte tenu de l'urgence des finances publiques, la question est désormais sérieusement envisagée.

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Le gouvernement cherche à limiter les dépenses des administrations locales.

Le Rassemblement National propose la création d'un nouveau poste appelé « conseiller territorial » qui remplacerait les conseillers régionaux. Ce conseiller serait chargé de siéger à la fois dans les conseils départementaux et dans les nouvelles instances régionales qui ne seraient plus considérées comme des structures administratives.

Non gravé dans la pierre

Selon Sébastien Chenu, membre du RN et ancien candidat aux élections régionales dans les Hauts-de-France, ils sont favorables au maintien des départements. Il propose l'élection d'un conseiller départemental par canton, qui pourrait siéger au niveau régional pour décider des questions budgétaires régionales. Ainsi, il estime qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une assemblée régionale, voire même des régions, contrairement à ce que Marine Le Pen avait laissé entendre en 2022.

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La candidate à la présidence plaidait en faveur d'un retour du nombre de régions à 22 au nom de la diversité, alors qu'il y en a actuellement 15. Son équipe précise aujourd'hui que rien n'est encore décidé définitivement et qu'ils doivent encore consulter. En ce qui concerne l'initiative de Jean-Philippe Tanguy, elle n'aurait pas été discutée lors de la réunion de groupe à l'Assemblée mardi dernier.

La réduction du nombre de régions, tout en maintenant leur existence, est au cœur des débats sur la réorganisation territoriale. Un député du RN exprime son mécontentement face à cette démétropolisation, soulignant l'importance du conseiller territorial siégeant à la fois au niveau départemental et régional. Selon Sébastien Chenu, cette réforme vise à apporter rationalité et lisibilité à l'aménagement du territoire, permettant également des économies estimées entre 200 et 300 millions d'euros. En 2021, les régions comptaient 97 100 agents.

Selon Carole Delga, présidente socialiste de l'association Régions de France et du Conseil régional d'Occitanie, les idées de l'extrême droite ne sont que des élucubrations sans réelle solution.

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Ces régions qui devront réduire leurs dépenses financières.

En plus de la question financière, le Rassemblement National mise sur le sentiment d'abandon dans les régions en dehors des grandes villes, en se positionnant comme le parti de la logique. Leur stratégie électorale repose sur l'idée de "démétropolisation". Jean-Philippe Tanguy a critiqué le remplacement des gardes champêtres par des directeurs de communication dans toute la France, estimant que cela n'était pas nécessaire. Il a également proposé de réduire significativement le nombre d'intercommunalités, jugées trop grandes ou trop coûteuses, avec trop de dépenses en fonctions de support.

Selon le rapport de Woerth, une réforme de la structure territoriale entraînerait un transfert important de compétences et aurait un impact significatif. Certains membres du Rassemblement National envisagent la possibilité de transformer les régions en établissements publics à compétences limitées plutôt que de les supprimer complètement. Le groupe RN à l'Assemblée souligne que chaque région devra être étudiée individuellement, en particulier l'Alsace et la Normandie.

Selon Jean-Philippe Tanguy, il y a des mesures immédiates à prendre, comme la fusion des mandats, ainsi que des réformes structurelles qui en découleront inévitablement. Le parti attend avec impatience la remise du rapport de la mission dirigée par le député Eric Woerth sur la décentralisation, prévue pour le mois de mai. Lors d'une audition à l'Assemblée nationale fin mars, Eric Woerth a réitéré que l'on ne supprimera pas de niveaux de collectivités locales, mais qu'il fera des propositions concernant le conseiller territorial.

Les noms Jacques Paugam et Laurent Thévenin

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