Accueil AI La spécialité « histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques » : un succès indéniable et des répercussions sur l’enseignement supérieur

La spécialité « histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques » : un succès indéniable et des répercussions sur l’enseignement supérieur

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La spécialité « histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques » : un succès indéniable et des répercussions sur l’enseignement supérieur

La réforme du baccalauréat a entraîné un intérêt croissant des lycéens pour la géopolitique, ce qui a des avantages significatifs. Depuis cinq ans, la spécialité "histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques" attire plus de 25% des élèves de terminale, ce qui a des conséquences importantes sur l'enseignement supérieur.

Par moi, Marie-Christine Corbier

Il y a cinq ans, les élèves de première au lycée ont commencé à avoir la possibilité de choisir une spécialité. Parmi les différentes spécialités proposées, celle en "histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques" est rapidement devenue très populaire.

Selon Edouard Geffray, qui occupe le poste de numéro deux au ministère de l'Education nationale, cette spécialité est bien établie et stable, avec environ 28% des élèves de terminale l'ayant choisie depuis 2020. Il considère cela comme un avantage clair de la réforme du lycée. De plus, c'est la deuxième spécialité la plus populaire chez les filles, juste derrière les sciences économiques et sociales.

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En expliquant cette préférence, alors que les étudiants de seconde sont sur le point de confirmer leurs choix de spécialisation pour l'année prochaine, Christine Guimonnet, secrétaire générale de l'Association des professeurs d'histoire-géographie, décrit une spécialité "pluridisciplinaire", "très enrichissante" et "axée sur l'actualité". Le programme permet également de "consolider des connaissances générales qui peuvent manquer à certains élèves, et d'expliquer la laïcité de manière approfondie", souligne l'enseignante.

Les parcours sont très chargés

Elle se réjouit du fait qu'ils abordent toutes les questions qui préoccupent la société. Cela permet de mieux comprendre les concepts et d'exprimer les problèmes avec les bons mots. Les lycéens ne semblent pas du tout effrayés par l'épreuve du bac, qui est assez difficile avec une dissertation et une analyse critique de document.

L'influence de cette spécialité sur l'enseignement supérieur est remarquable. Selon Christophe Capuano, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Grenoble Alpes, les nouveaux bacheliers arrivent avec une meilleure formation et des compétences plus développées.

Nous abordons tous les sujets qui suscitent l'intérêt de la société, ce qui nous permet d'exprimer correctement les problèmes rencontrés. Christine Guimonnet, secrétaire générale de l'Association des professeurs d'histoire-géographie.

Selon lui, depuis l'introduction de la spécialité au lycée, ils ont réussi à s'ajuster en offrant des cours tels que l'histoire du temps présent, afin de démontrer comment une perspective historienne peut aborder des problématiques contemporaines en se servant des méthodes de la science politique.

Cependant, la conséquence de cette grande envie née au lycée est également que les universités offrant des cursus en sciences politiques sont submergées par le nombre de candidatures, ce qui rend la première année de licence sélective, selon Christophe Capuano. La spécialité a provoqué une multiplication par dix de la demande dans les licences de sciences politiques, qui sont désormais parmi les formations les plus populaires.

« L'enseignement supérieur s'adapte aux besoins des étudiants. Certains établissements privés à but lucratif et grandes écoles de management ont également remarqué cette popularité. Par exemple, Skema a créé une école de géopolitique en 2022 en collaboration avec Sorbonne Université. Pour le moment, l'école de géopolitique propose des parcours axés sur les enjeux du monde contemporain au sein des formations en commerce de l'école. Cependant, Christophe Germain, vice-doyen de Skema, révèle que l'établissement envisage de lancer un programme postbac qui combinerait la géopolitique avec les affaires internationales, le commerce international et les sciences politiques. »

L'Institut catholique de Paris (ICP) a également pris en compte la demande des lycéens. En septembre prochain, ils prévoient de lancer un programme de premier cycle intitulé "science politique, géopolitique, humanités". Ce programme permettra aux étudiants d'obtenir un diplôme de master et de participer à la création d'un institut d'études politiques en partenariat avec les lycées Stanislas et Saint-Jean-de-Passy à Paris.

Selon Géraldine Espéret, préfète des classes préparatoires commerciales et littéraires de Stanislas, de plus en plus d'étudiants sont passionnés par l'histoire, la géographie, la géopolitique et les sciences politiques, et ne veulent pas nécessairement intégrer une école de commerce. L'offre d'éducation supérieure ne correspond pas suffisamment à l'intérêt réel des lycéens qui ont suivi ces spécialités, affirme Pauline Piettre, directrice des affaires académiques de l'ICP. À la Catho et ailleurs, on explique que la science politique est devenue un domaine très attractif pour les étudiants.

Pauline Piettre estime que la réforme du lycée est une opportunité de changement bénéfique. En effet, les étudiants qui entrent dans l'enseignement supérieur sont désormais plus spécialisés qu'auparavant.

L'Institut catholique de Paris va commencer à proposer son bachelor "science politique, géopolitique, humanités" à partir de septembre prochain. La première classe sera composée de 40 étudiants, suivie d'une deuxième en 2025, puis d'un programme de master.

La directrice des affaires académiques de l'ICP, Pauline Piettre, affirme que l'objectif n'est pas de rivaliser avec Sciences Po Paris. L'initiative ne découle pas de la colère de Frédéric Gautier, directeur de Stanislas, qui s'était opposé à la diminution du nombre d'élèves de son établissement admis à Sciences Po en 2021. Pauline Piettre assure que l'ICP ne cherche pas à être en opposition avec Sciences Po Paris ni à devenir une version catholique de Sciences Po, mais plutôt à accueillir un large éventail d'étudiants. Elle souligne cependant que les élèves des lycées catholiques d'Ile-de-France sont moins souvent acceptés à Sciences Po Paris de nos jours.

Les élèves qui suivront ce programme se verront décerner un diplôme de bachelor ainsi qu'une licence (en histoire ou en philosophie) de l'ICP. Le parcours comprendra des cours de licence et des classes préparatoires. Tout comme à Sciences Po Paris, le coût dépendra des revenus familiaux.

Personne responsable: Marie-Christine Corb

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