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Le RN face à la réforme du travail : entre équilibre économique et électorat populaire

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Le RN face à la réforme du travail : entre équilibre économique et électorat populaire

Le Rassemblement National (RN) est en train de réfléchir à sa position sur la question du travail. Alors que le gouvernement souhaite continuer la réforme de l'assurance-chômage et faire adopter une nouvelle loi en faveur de l'emploi (appelée "loi Macron 2"), le RN cherche à montrer sa crédibilité sur le plan économique tout en conservant le soutien de l'électorat populaire.

Par Jacques Paugam

Le Rassemblement national (RN) a-t-il pleinement développé sa vision économique ? Le parti d'extrême droite semble naviguer à l'aveugle. Est-ce qu'il soutiendra la "deuxième phase de la réforme du marché du travail" promise par le nouveau Premier ministre, Gabriel Attal ? Rien n'est certain. Le RN est divisé entre ceux qui veulent donner plus de valeur au travail et ceux qui sont préoccupés par ne pas contrarier les classes populaires, qui sont un soutien électoral clé pour Marine Le Pen. Ses députés ont voté contre la conditionnalité du RSA à 15 heures d'activité obligatoires, en affirmant que ses directives n'étaient pas satisfaisantes.

« Cette histoire est compliquée », admet Philippe Lottiaux, député du Rassemblement National dans le département du Var et membre de la commission des Finances. Il explique que Marine Le Pen ne souhaite pas aborder le sujet de l'assistanat de manière générale. Il reconnaît qu'il existe bien sûr des personnes fainéantes, mais elles ne constituent pas la majorité. Le Rassemblement National a longtemps prospéré en adaptant son discours aux classes populaires qui sont davantage sensibles aux problématiques de pauvreté et de déclassement. Cependant, pour espérer remporter des élections, le parti doit élargir sa base électorale, ce qui peut entraîner une confusion dans son message.

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La tâche de Jordan Bardella consiste à adapter le discours, en particulier sur la question des conditions liées aux aides sociales, en s'adressant à la France qui se lève tôt et qui valorise les efforts. Cependant, cela ne signifie pas qu'il condamne l'assistanat. Concernant les nouvelles obligations liées au RSA, le président du parti avait tenté de justifier que les Français approuvent cette démarche, mais que l'État ne dispose pas actuellement de la même capacité de contrôle sur les conditions actuelles, lorsqu'il a été interrogé dans l'émission "Dimanche en politique".

Philippe Lottiaux souligne l'importance de trouver un équilibre et élargit le sujet en abordant la valorisation des métiers et la formation, ce qui constitue un discours nouveau pour le RN. Il ne considère pas simplement le conditionnement des aides comme une punition. Bien que l'extrême droite ne donne pas raison au gouvernement, elle reconnaît l'importance du travail, notamment suite aux propos de Gabriel Attal concernant la nécessité de "désmicardiser la France" dans son discours de politique générale.

« Les personnes retraitées sont très concernées par la question de l'effort et du travail », souligne Jérôme Sainte-Marie, ancien sondeur et proche conseiller de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Le jeune leader du Rassemblement National gagne en popularité auprès des seniors, qui ont historiquement été réticents envers la fille de Jean-Marie Le Pen. « Il ne s'agit pas de discuter de mesures politiques de droite ou de gauche. On perd les gens avec ce genre de considérations », élude-t-il, mettant en avant une forme de « synthèse patriotique » pour surmonter les divisions.

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Le RN cherche à convaincre les classes moyennes de sa crédibilité, ce qui est l'une de ses priorités. Le parti est en train de finaliser un "guide pédagogique" destiné au monde économique, afin de les rassurer sur ses intentions. Il prévoit également de mettre en avant le sujet de la fraude sociale à l'Assemblée nationale dans les semaines à venir. Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN au Palais-Bourbon, souligne que Gabriel Attal, qui était ministre du Budget chargé de lancer un vaste plan contre la fraude, est responsable de cette question.

Incertitudes

Cependant, en ce qui concerne la législation, il a du mal à prendre une décision. En coulisse, le groupe de 88 députés est divisé sur la question du travail. Un conseiller proche de Marine Le Pen affirme: "Nous voterons contre la réduction de la durée de l'indemnisation si c'est ce que le gouvernement souhaite". D'autres évoquent plutôt un "discours de responsabilité" axé sur le pragmatisme en fonction des textes abordés.

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Un membre du Parlement explique que tout ce qui vise à simplifier sera voté, mais il ne s'attarde pas sur les détails. Un autre parlementaire ajoute que de toute façon, c'est toujours Marine qui a le dernier mot.

Le parti politique, étant opportuniste, cherchera principalement à se positionner en tant que principal parti d'opposition avant les élections européennes en mettant l'accent sur l'immigration plutôt que sur le travail ou l'emploi. L'entourage de Jordan Bardella, tête de liste du RN, confirme que "le Pacte vert et le pacte migratoire seront nos principaux sujets de critique".

Personne: Jacques Paugam

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