Après la démission de Amélie Oudéa-Castéra, la nouvelle ministre de l'Education nationale, Nicole Belloubet, tente de calmer les tensions. Lors de la cérémonie de passation de pouvoir, elle a soigneusement choisi ses mots dans un discours équilibré. Elle n'a pas mentionné les "groupes de niveau" au collège, mais elle a maintenu la position du gouvernement.
Par Marie-Christine Corbier
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Lors de la cérémonie de passation de pouvoir avec Amélie Oudéa-Castéra, Nicole Belloubet a prononcé un discours apaisant et nuancé. Après un mois de controverses, la ministre sortante de l'Éducation nationale semblait soulagée de ne garder que le poste de ministre des Sports.
La personne qui a pris sa place a voulu apaiser les inquiétudes. Nicole Belloubet s'est d'abord décrite comme une "professeure", considérant que c'était le métier le plus noble – elle est spécialisée en droit public et enseigne à l'université. Elle a affirmé que l'Education nationale était son "milieu naturel", son "milieu d'origine", pour montrer aux enseignants qui avaient critiqué sa prédécesseure en disant qu'elle était déconnectée de la réalité qu'elle était l'une des leurs. Elle a insisté sur le fait qu'elle serait à leurs côtés en toutes circonstances, en tant qu'ancienne rectrice d'académie à Limoges puis à Toulouse.
Dans un contexte où de nombreux enseignants et directeurs d'établissement s'opposent fermement à la mise en place des « groupes de niveau » au collège, elle a évité d'utiliser cette expression agaçante, et a plutôt suggéré qu'il serait nécessaire de « trouver ensemble une manière flexible d'organiser les cours, en combinant des classes hétérogènes et des groupes restreints, afin de répondre aux besoins spécifiques des élèves dans certains apprentissages fondamentaux ».
Nous allons former des groupes de niveaux, même si les syndicats sont contre. Cependant, je tiens à affirmer que cette mesure est indispensable, selon Gabriel Attal, Premier ministre.
« C'est incroyable de voir comment ils essaient d'éviter de mentionner les groupes de niveau ! a commenté Pierre-Yves Duwoye, l'ancien recteur et ex-directeur de cabinet du ministre Vincent Peillon, sur X (anciennement Twitter). Cependant, les textes proposés, qui ont été rejetés par la communauté éducative, ne semblent pas se soucier de trouver des solutions pour organiser une ségrégation scolaire violente envers les pauvres […] » « Nous ne nous contenterons pas de paroles, nous demandons des actions ! » a tweeté Guislaine David, secrétaire générale du principal syndicat du primaire, FSU-SNUipp.
La ministre a assuré qu'elle entamerait rapidement un dialogue avec les représentants des enseignants, des chefs d'établissement, des corps d'inspection et des parents d'élèves. Elle prévoit de commencer dès la semaine prochaine.
Dans une déclaration jeudi soir sur France 2, Gabriel Attal a affirmé avec fermeté que la mise en place des groupes de niveau était indispensable, malgré l'opposition des organisations syndicales.
La nouvelle ministre assure que nos étudiants pourront bénéficier d'un enseignement adapté à leurs besoins tout en poursuivant les objectifs communs de la classe. Elle souhaite mettre en place un système qui contribue à réduire les inégalités sociales, qui refuse toute forme de sélection sociale et qui ne laisse pas les étudiants de côté en cas d'échec. Elle est consciente que la sélection est l'un des problèmes majeurs de la réforme du collège. Lors de la grève massive du 1er février dernier, on pouvait lire dans les rassemblements d'enseignants : "Je trie mes déchets, pas mes élèves".
De plus, il est important de noter que la réforme du collège a provoqué une secousse majeure au sein de l'Education nationale.
Profil – Changement de gouvernement : Nicole Belloubet, une ancienne rectrice de tendance gauche, nommée à la tête du ministère de l'Éducation pour remplacer Amélie Oudéa-Castéra et faire oublier cette dernière.
Cependant, Nicole Belloubet persiste à utiliser l'expression « choc des savoirs » – le programme annoncé en décembre par Gabriel Attal. La ministre exprime sa volonté de « redonner un sens afin que les enfants retrouvent leur voie vers l'émancipation républicaine, redonner un sens pour renforcer l'engagement des enseignants envers l'école, redonner un sens pour que les parents aient confiance en notre système éducatif ».
Pour "avancer ensemble", il sera nécessaire d'être conscient de la réalité de la situation, explique-t-elle avec prudence, en soulignant que l'école française ne fonctionne pas de manière satisfaisante pour au moins 25 à 30% des élèves de 15 ans qui obtiennent des résultats insuffisants pour progresser. La nouvelle ministre n'arrive pas avec un nouveau programme, comme François Bayrou l'aurait souhaité. Elle se basera, bien sûr, sur les progrès réalisés par ses prédécesseurs, en particulier sur les connaissances fondamentales.
La question de l'"efficacité" de l'école est toujours d'actualité. Il est également nécessaire de faire évoluer les méthodes d'enseignement, ainsi que de réformer la formation initiale et continue des enseignants, car cela joue un rôle essentiel dans la réussite des systèmes éducatifs à travers le monde.
Voici également quelques informations importantes à connaître sur le gouvernement de Gabriel Attal.
Il est essentiel que l'école obtienne des résultats scolaires satisfaisants. De plus, elle doit encourager des collaborations fructueuses entre les élèves, les enseignants, les établissements scolaires, ainsi qu'avec les acteurs culturels, économiques, sociaux, nationaux et territoriaux, en prenant en compte les particularités de chaque école et établissement. Cependant, la ministre ne donne pas plus de détails à ce sujet. Elle ne mentionne pas non plus la nécessité d'une revalorisation salariale ni des conditions de travail des enseignants.
En ce qui concerne le retour de l'autorité et le port de l'uniforme, l'ancienne rectrice, qui les considérait comme des "bêtises" en 2016, prévoit de suivre la nouvelle ligne du gouvernement. Elle affirme que le respect et l'autorité sont des éléments essentiels pour créer un environnement sécurisant qui favorise l'épanouissement des élèves. En tant que rectrice, enseignante et ancienne ministre de la Justice, elle a pu constater les désordres provoqués par l'oubli de ces valeurs de respect et d'autorité.
Nicole Belloubet a choisi une approche délicate en mettant en pratique le programme tout en restant fidèle à ses convictions précédentes. Cette voie étroite est comme une ligne de crête qu'elle doit suivre avec prudence.
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