L'éducation : les enseignants contestent l'utilisation des groupes de niveau dans les collèges
Selon les informations du ministère de l'Éducation nationale, plus de 20% des enseignants ont participé à la grève ce jeudi. Ce pourcentage atteint près de 30% dans les collèges, où l'introduction des groupes de niveau à la rentrée prochaine suscite de grandes inquiétudes.
Par Marie-Christine Corbier
Les chiffres de mobilisation affaiblissent encore plus Amélie Oudéa-Castéra, qui est déjà très fragilisée depuis les révélations de Mediapart. Selon les données publiées par le ministère de l'Education nationale, 20,26% des enseignants ont fait grève ce jeudi. La participation estimée est plus élevée dans les collèges, atteignant 29,51% contre 20,11% dans les écoles, 12% dans les lycées professionnels et 8,27% dans les lycées généraux et technologiques. Les syndicats, de leur côté, ont mentionné que 40% des enseignants du premier degré étaient en grève, ainsi que 47% dans les collèges et lycées.
La ministre a été considérée comme "disqualifiée"
Plusieurs syndicats (FSU, FO, CGT, SUD) ont lancé un appel à la grève en décembre, avant même la nomination d'Amélie Oudéa-Castéra, afin de demander une amélioration des salaires et des conditions de travail. Le SNALC, l'Unsa et la CFDT se sont également joints à cette mobilisation, tout comme des syndicats représentant l'enseignement privé et des chefs d'établissement.
Le principal syndicat des enseignants du secondaire, le SNES-FSU, estime que la ministre n'est pas qualifiée pour mettre en place le plan du gouvernement. Lors des manifestations de jeudi, de nombreuses pancartes réclamaient son départ.
Les directeurs d'établissement scolaire sont de plus en plus frustrés. En plus de la demande de "respect" envers l'école publique qui a renforcé la mobilisation suite aux controverses sur la scolarisation des enfants d'Amélie Oudéa-Castéra, la mise en place de groupes de niveau en français et en mathématiques au collège suscite également la contestation. Cette mesure est prévue pour les élèves de 6e et 5e à partir de septembre prochain, et ceux de 4e et 3e seront concernés à partir de septembre 2025.
Les directeurs d'établissement du principal syndicat, le SNPDEN-Unsa, qui sont censés jouer un rôle clé dans cette réforme, expriment leur frustration face aux annonces quotidiennes qui ne tiennent pas compte des véritables enjeux scolaires, ainsi qu'au "choc des savoirs" annoncé en décembre par Gabriel Attal, ce qui va à l'encontre de leur vision de l'école.
Informations complémentaires: Analyse de la grève du 1er février : Le problème concernant Amélie Oudéa-Castéra au ministère de l'Éducation nationale.
Dans le but d'accroître les attentes, il est nécessaire de mettre fin à l'uniformité du collège. Selon Gabriel Attal, lors de la présentation de son plan visant à améliorer le niveau des élèves, le collège unique entraîne trop d'échecs et pas suffisamment de réussite.
Il avait déclaré que dans chaque école, il y aurait des groupes 1, 2 et 3 en fonction des compétences des élèves en français et en mathématiques. Le groupe 1 serait composé des élèves ayant le plus de difficultés et serait limité à un maximum de 15 élèves, avait-il expliqué. Il avait également précisé que tous les élèves pourraient changer de groupe au cours de l'année scolaire.
Beaucoup de syndicats estiment que les groupes de niveau ne disposent pas des ressources adéquates et vont limiter les élèves dans des groupes sans possibilité de changer, ce qui va à l'encontre de leurs principes.
Certains parents dont les enfants sont en situation de handicap craignent que leur enfant soit automatiquement placé dans des groupes d'élèves moins performants. Le ministère a affirmé qu'il a demandé aux directeurs d'établissement de veiller à éviter ce genre de situation.
Les enseignants et les directeurs d'établissement soulignent également le manque de ressources pour mettre en œuvre les groupes de niveau. Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN, a déclaré mercredi sur Franceinfo que certains collèges n'avaient pas reçu d'heures supplémentaires et étaient donc en difficulté.
Selon le SE-Unsa, cela peut causer de la déception et du ressentiment, ce qui entraînera des tensions entre les employés et également avec les familles qui sont légitimement déçues.
En décembre dernier, Gabriel Attal avait annoncé la création de nouveaux postes. Cependant, selon le syndicat, ces créations se traduiront par des moyens supplémentaires dans seulement 20% des collèges. Le syndicat estime qu'environ 300 000 à 400 000 élèves en grande difficulté ne bénéficieront pas de groupes réduits financés. Si ces groupes réduits sont mis en place, cela se fera au détriment d'autres dispositifs, ce qui risque d'entraîner la disparition de certaines deuxièmes langues vivantes, du latin ou du grec dans certains collèges, alerte le syndicat en collaboration avec d'autres.
« Il n'y a pas d'affectation permanente »
Selon les proches d'Amélie Oudéa-Castéra, les ressources ont été fournies avec une répartition théorique qui devrait normalement répondre aux besoins. Et si ce n'était pas le cas, le ministère étudierait comment ajuster la situation. On traitera chaque cas individuellement, précise-t-on. Il est également souligné que ce n'est pas une affectation définitive des élèves, car les groupes évolueront au moins trois fois dans l'année.
En ce qui concerne les demi-groupes en sciences ou en langues vivantes qui pourraient être affectés par la mise en place des groupes de niveau, le cabinet de la ministre insiste sur le fait que ce n'est pas du tout l'objectif. On affirme également que cela n'est pas sujet à négociation.
Marie-Christine Corbier est l
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