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Européennes 2024 : Raphaël Glucksmann, le nouvel espoir du Parti socialiste pour une renaissance politique

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Européennes 2024 : Raphaël Glucksmann, le nouvel espoir du Parti socialiste pour une renaissance politique

Les élections européennes de 2024 pourraient être l'occasion pour le Parti socialiste de se ressaisir, avec Raphaël Glucksmann en tant que leader. Lors d'un choix effectué ce mercredi, le parti a décidé de soutenir le candidat de Place publique pour les prochaines élections de juin. Les sondages placent la liste menée par l'ancien journaliste en troisième position. Malgré les critiques de ses adversaires qui le qualifient de "déconnecté de la réalité", l'eurodéputé sortant se défend.

Par moi, Paul Turban

Raphaël Glucksmann a développé un attrait pour la politique et il l'assume pleinement. Après avoir participé à son premier rassemblement à Bordeaux le 20 janvier, il ne cache pas sa satisfaction. La salle a été agrandie pour accueillir 800 personnes. « Et il y avait encore 400, voire 500 personnes à l'extérieur ! » s'exclame-t-il, étonné, alors qu'il s'installe dans un café parisien. C'est un bon signe pour l'eurodéputé, qui se lance dans une campagne pour obtenir un second mandat avec son parti Place publique et le soutien du Parti socialiste. Le Conseil national du PS l'a officiellement soutenu mercredi soir, avant un vote des militants la semaine prochaine.

Cela prouve que le phénomène Glucksmann n'est pas seulement une création médiatique, affirme-t-il. C'est une réponse à ceux qui pensent que sa liste est seulement en troisième position dans les sondages, autour de 10%, devant les Insoumis et les écologistes, et que sa popularité sur les réseaux sociaux – 800 000 personnes le suivent sur Instagram, soit 2,5 fois plus que Gabriel Attal – est seulement virtuelle. Ils pensent également que Raphaël Glucksmann est déconnecté de la réalité.

« La France est mon territoire », affirme-t-il.

Ses détracteurs le qualifient de « déconnecté de la réalité ». Récemment, le député Insoumis François Ruffin a exprimé cette critique dans une lettre publique en réponse aux appels au dialogue de Raphaël Glucksmann. « Je suis né dans le 10e arrondissement, il n'y a que des immeubles en béton », déclare-t-il. Au cœur de la Place Saint-Georges, très minérale, on sent qu'il se sent chez lui.

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Cependant, dans une période où les populistes critiquent constamment les élites "déconnectées", être parisien n'est pas considéré comme une identité valorisée. Raphaël Glucksmann ne se déclare ni d'une région, ni d'une communauté spécifique. "Je suis issu d'une lignée de catholiques et de juifs, de personnes aisées et de personnes pauvres. Je n'ai pas reçu d'éducation juive, la seule discussion à la maison portait sur Rousseau et Voltaire." Il fixe silencieusement par la fenêtre. "La France est mon pays d'origine."

La critique le blesse lorsqu'elle le qualifie de "hors-sol". Il partage l'histoire de ses grands-parents, qui étaient résistants, qu'ils soient communistes, quasi-nationalistes ou issus de l'immigration. Il a été élevé en ayant un grand respect pour la France. Bien que cela puisse sembler démodé, il a un lien passionné avec la France. Il considère comme une chance inestimable d'être l'héritier de cette histoire française.

Raphaël Glucksmann, âgé de 44 ans, est le plus âgé des principaux candidats aux élections européennes. Avant cela, il a acquis de l'expérience en tant que journaliste dans différents pays. Il s'est rendu en Algérie pour rencontrer des féministes, au Rwanda pour enquêter sur le génocide, et en Ukraine pour observer la révolution orange.

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En 2014, Raphaël Glucksmann se sent rappelé par la politique. Lorsque le Rassemblement national (anciennement le Front national) remporte les élections européennes, il considère la situation comme alarmante. Il explique que son motivation pour revenir en France est le fait qu'Eric Zemmour et d'autres détournent l'histoire. Son désir est de voir la France rester fidèle à elle-même, et il est convaincu que la seule façon d'y parvenir est par le biais de l'Europe. Selon lui, tout le reste n'est que folklore. Il est un fervent partisan du fédéralisme et ne le cache pas. Son objectif est de proposer un récit alternatif, où l'Europe devient une communauté basée sur la solidarité, les valeurs et les histoires, avec une capacité à exister pour elle-même et par elle-même.

En 2018, Raphaël Glucksmann décide de quitter le domaine du journalisme. Il crée son propre parti politique appelé Place publique, et malgré les objections de certains membres du Parti socialiste, il est choisi par Olivier Faure pour diriger la liste socialiste lors des élections européennes. L'année suivante, il est élu et devient membre du Parlement européen. Il admet qu'il a dû apprendre sur le terrain car il n'avait aucune expérience préalable.

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Lorsque je suis arrivé, j'ai instinctivement choisi de m'impliquer dans la commission des Droits humains. Bien que les discours soient inspirants, ils ne sont pas suffisants en eux-mêmes. Il est nécessaire de raconter une histoire captivante qui mobilise les citoyens et de la mettre en pratique concrètement. J'ai réalisé que pour réellement faire avancer les choses, il était essentiel de se tourner vers le commerce international.

Une lutte en faveur d'une Europe plus grande

Parce que Raphaël Glucksmann, qui a hérité cette lutte de son père, André Glucksmann, son "premier et meilleur ami", se bat également pour la démocratie et les droits de l'homme. Dans la maison familiale, le fils du philosophe a rencontré des personnalités de gauche et des dissidents d'Europe de l'Est, d'Amérique latine et d'Algérie.

De nos jours, même ceux qui s'opposent à lui admettent qu'il est constant sur ces sujets. François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains pour les élections européennes, témoigne : « J'ai du respect pour lui, car nous partageons tous les deux le désir de discuter en profondeur des sujets, plutôt que d'être soumis à la tyrannie de la communication constante ».

Si ma mission consiste à réunir la France et l'Europe, et à rapprocher l'Europe de la France, cela me remplit de joie.

Raphaël Glucksmann affirme qu'il n'est pas un fervent partisan de l'Europe, mais il croit que c'est le seul niveau où il est possible de redonner du pouvoir aux citoyens. Selon lui, c'est à ce niveau que des décisions peuvent être prises avec un impact réel, comme lorsqu'il s'est battu pour mettre en place un mécanisme afin de bloquer l'entrée de produits provenant du travail forcé, notamment ceux des Ouïghours en Chine. Il considère que c'est également le bon niveau où, dans un avenir où les États-Unis seraient de nouveau gouvernés par Donald Trump et pourraient abandonner l'Europe, les États européens pourraient organiser une défense efficace contre les attaques impérialistes de Vladimir Poutine.

Raphaël Glucksmann ne croit pas en l'ambition nationale. Il pense que son rôle est de réunir la France et l'Europe, et cela le rend heureux. Il mentionne également Jacques Delors, décédé le 27 décembre, qui a également refusé de se lancer dans la course présidentielle par peur de devoir mentir. Delors s'est ensuite demandé toute sa vie s'il avait fait le bon choix, se demandant s'il fallait sacrifier la politique pour la morale. Glucksmann, quant à lui, continue de réfléchir à cette question.

Paul Turban est

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