Emmanuel Macron est en train de finaliser sa stratégie de relance en effectuant des ajustements à l'Élysée. Les ministres attendent avec impatience un possible remaniement. Ce dimanche, ils étaient dans l'incertitude quant à la date et à l'ampleur de ce remaniement, bien que certains pensent que des annonces pourraient être faites en début de semaine.
Par Isabelle Ficek
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Ils sont occupés à travailler et ils estiment que le sujet ne les intéresse pas. Ce sont les phrases typiques que les ministres invités à la radio ont utilisées ce dimanche, alors que la fièvre politique monte autour d'un possible remaniement. Certains ministres ont eu des discussions avec le président de la République. C'était le cas vendredi pour le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, comme il l'a confirmé sur France 3. "Nous avons parlé de choses qui ne concernent que le président de la République et moi", a déclaré le ministre des Finances.
« En attendant, ce qui importe le plus, c'est de se concentrer sur le travail […] je ne suis ni dans les premiers choix ni dans les prévisions », a déclaré le ministre du Travail, Olivier Dussopt, lors de l'interview sur Europe 1-CNews-« Les Echos ».
Au palais de l'Élysée, Emmanuel Macron, lors de ses vœux, a exprimé son souhait d'une année 2024 marquée par la détermination, l'efficacité et les résultats. Il a déjà effectué des changements au sein de son équipe, certains étant prévus depuis un certain temps. Parmi ces changements, l'arrivée officielle de son nouveau directeur de cabinet, Patrice Faure, a été annoncée samedi. Jonathan Guémas, ancien rédacteur en chef de Macron, doit quant à lui prendre ses fonctions ce mardi.
Alors que l'année 2024 présente de nombreux défis, tels que les élections européennes qui auront lieu en juin prochain, le président de la République réfléchit à la composition de son équipe gouvernementale. Selon un proche, il cherche à identifier les ministres les plus aptes à mettre en pratique le message exprimé dans ses vœux, à défendre avec détermination les réformes à venir en Europe et à valoriser les réussites à venir. Ce proche est convaincu que si des changements doivent avoir lieu, ils se produiront probablement ce lundi. Un conseiller assure que le président prendra rapidement une décision.
Comme lors de l'épisode de juillet dernier, où Elisabeth Borne était considérée comme étant sur le départ avant de remporter la course contre le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, la question de la nomination au poste de Premier ministre est au centre des préoccupations. Selon plusieurs sources, il y a un "duel du week-end" en cours, qui pourrait également se transformer en trio avec les options du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, ou de l'ancien ministre du Logement puis de l'Agriculture, Julien Denormandie. On ne peut pas exclure non plus la possibilité qu'Elisabeth Borne reste en poste en tant que Premier ministre. Cependant, cela serait perçu, selon un député de la majorité qui l'apprécie pourtant, comme un "symbole évident de l'impuissance politique dans laquelle se trouve le président".
Ces deux individus sont très proches et fidèles au chef de l'Etat, bien que leurs parcours et leur relation avec lui soient très différents. Le premier, qui vient de la droite, a une longue expérience en tant qu'élu et militant malgré son jeune âge de 37 ans. Il a notamment gagné la confiance d'Emmanuel Macron en organisant le grand débat pour résoudre la crise des « gilets jaunes ».
Le deuxième, qui a quitté le secteur public en 2022, est proche d'Emmanuel Macron depuis qu'ils ont travaillé ensemble à Bercy. Ils sont tous les deux à l'origine de la création du mouvement En marche. Un élu affirme que le président de la République préfère Sébastien Lecornu, car il estime que Julien Denormandie a un profil trop technique et n'a jamais été élu. Cependant, il sait aussi que cela lui ferait des ennemis au sein de sa majorité. En ce qui concerne l'option de Richard Ferrand, le président de la République ne l'a pas envisagée.
Selon une source gouvernementale, il est certain que le Premier ministre veut un collaborateur à Matignon. Cependant, l'idée d'avoir une figure politique influente, telle que Bruno Le Maire, qui était soutenu par certains proches d'Emmanuel Macron, ne semble pas du tout envisagée, ce qui déçoit ces derniers. Après cette évidence, les choix restants semblent étranges : Lecornu suscite de nombreux doutes et Denormandie serait probablement plus rassembleur, selon l'un d'entre eux.
Le ministre de l'Economie et des Finances a d'ailleurs, en étant réaliste, salué ce dimanche sur France 3, "la constance" qui "en cette période d'instabilité, a de nombreux avantages". Bruno Le Maire a également une fois de plus affirmé qu'il ne souhaitait pas diriger la liste de la majorité aux élections européennes. "Ce n'est ni ce que je souhaite, ni mon avenir", a déclaré celui qui a des ambitions pour la présidentielle de 2027.
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Selon un conseiller de l'exécutif, peu importe si c'est avec Borne ou un autre, l'important est que le président soit très clair sur sa position. Ce conseiller craint que cela ne se révèle finalement décevant. Un autre pense que cela va créer des étincelles, ce qui est également ce que le président veut montrer : pas d'hésitation, pas de temps mort. En attendant, ce sont les opposants qui se réjouissent des spéculations, comme Mathilde Panot, chef de file de LFI à l'Assemblée, qui a déjà souligné sur BFMTV "de mauvais choix".
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