Les autorités locales sont confrontées à des difficultés pour mettre en place les pistes cyclables, malgré leurs promesses. Les problèmes de coûts et de ressources humaines rendent la réalisation de ces pistes parfois complexe.
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La course est en cours. Des villes comme Paris, Marseille, Nantes ou Montpellier doivent maintenant redoubler d'efforts pour réaliser les pistes cyclables promises lors des élections municipales de 2020 ou depuis la crise sanitaire. Comme toujours, l'argent est un élément clé, souligne Chrystelle Beurrier, maire d'Excenevex et présidente de l'association Vélo & Territoires. Selon elle, il est impossible d'y parvenir sans le soutien financier de l'État. Avec son plan vélo 2023-2027, d'un montant de 2 milliards d'euros, le gouvernement met actuellement des ressources sans précédent en faveur du développement de la bicyclette.
Les coûts des infrastructures cyclables peuvent augmenter rapidement, mais ils restent bien en deçà des investissements routiers. Fabien Bagnon, vice-président écologiste aux mobilités de la métropole de Lyon, explique que lorsqu'ils ont lancé le projet des « Voies lyonnaises », ils ont rapidement réalisé qu'il fallait également requalifier certains trottoirs. Ils en ont profité pour les élargir, les rendre moins imperméables et les végétaliser. La métropole de Lyon a annoncé un investissement de 282 millions d'euros pour atteindre environ 250 km de « autoroutes à vélos » d'ici 2026, soit le prix d'une ligne de tramway moyenne. Le plan vélo 2021-2026 de la Ville de Paris s'élève quant à lui à 250 millions d'euros.
L'achat d'une maison en dehors de la ville n'est pas non plus bon marché. En Loire-Atlantique, la communauté de communes Erdre et Gesvres a dépensé 2 millions d'euros pour créer une piste de 3 km. Cela comprenait l'achat d'une maison et la construction de deux passerelles pour traverser une route.
Sylvain Lefeuvre, vice-président délégué aux mobilités d'une intercommunalité périurbaine au nord de Nantes, explique que pour réaliser ces projets, il est nécessaire d'avoir suffisamment de fonds. Cependant, leur financement est très solide, avec rarement moins de 60% de financement par projet. Le service des subventions est constamment à la recherche de toutes les opportunités de financement. L'objectif de cette intercommunalité est de développer 110 km d'aménagements cyclables d'ici 2026.
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Il reste encore à faire face à l'augmentation des prix des travaux publics. Selon Nicolas Mercat, conseiller délégué aux Ecomobilités de la communauté d'agglomération Grand Lac (Savoie) et maire (divers gauche) du Bourget-du-Lac, les coûts ont augmenté de 10 à 20% par rapport aux estimations prévisionnelles. Cela a nécessité de trouver d'autres sources de financement et de faire des choix concernant d'autres investissements. En révisant son schéma cyclable en 2021, cette intercommunalité a prévu l'aménagement de 158 km supplémentaires.
Parmi les obstacles à surmonter, la question des ressources humaines occupe une place importante. Selon Catherine Pilon, secrétaire générale du Club des villes et territoires cyclables et marchables, il y a encore un manque de personnel formé aux politiques cyclables. De nombreux ingénieurs de la voirie n'ont pas été formés à la conception de pistes cyclables, ce qui ne peut pas être improvisé. Une enquête publiée en mars par le Club des villes et territoires cyclables et marchables et Vélo & Territoires révèle que 69% des collectivités qui n'ont pas encore mis en place d'actions en faveur du vélo en 2022 déclarent manquer de ressources humaines et d'expertise territoriale pour le faire.
Dans les régions peu peuplées, il est essentiel de trouver des financements pour des projets d'ingénierie. C'est particulièrement important pour les petites collectivités, selon Camille Thomé, directrice de Vélo & Territoires. C'est pourquoi le programme "Avelo" de l'Ademe suscite un vif intérêt, car il offre la possibilité de financer un poste de chargé de mission vélo pendant une durée de trois ans.
Un nouveau projet a été lancé et les candidatures sont ouvertes jusqu'au 15 janvier. Ce projet est destiné à aider 350 lauréats, en mettant l'accent sur les régions peu peuplées, rurales ou les villes de taille moyenne. Cependant, les collectivités sont confrontées à un problème d'attraction. Chrystelle Beurrier, qui est également vice-présidente de Thonon Agglomération, explique: "Il nous a fallu deux ans pour trouver un chargé de mission pour notre agglomération".
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Un autre facteur déterminant est la nécessité d'une étroite collaboration entre les différentes collectivités d'un même territoire, allant de la commune à la région, en passant par le département qui gère les routes, et l'intercommunalité. Toutes ces entités ont un rôle à jouer dans la mise en place d'une politique cyclable, en particulier en agissant sur les infrastructures routières. Charles Maguin, fondateur de Solcy, un bureau d'études spécialisé dans les politiques et l'urbanisme cyclables, constate que cela fonctionne mieux lorsque l'intercommunalité est en charge des voiries.
« Notre région n'a pas l'autorité sur les routes. Par conséquent, il est nécessaire de trouver un consensus projet par projet concernant la responsabilité de la réalisation. Heureusement, les maires partagent la même vision », déclare Nicolas Mercat. Il souligne l'importance de cet enjeu pour créer des axes majeurs qui favorisent l'utilisation du vélo comme moyen de transport.
Des parties de la voirie métropolitaine dans le Grand Lyon, connues sous le nom de « Voies lyonnaises », ont été soumises à une consultation approfondie, selon Fabien Bagnon. Il précise qu'il n'y a pas eu de problèmes sur 85% de la route. Cependant, des difficultés peuvent survenir lorsqu'il s'agit de rendre certaines parties de la route à sens unique ou de supprimer des places de stationnement dans des zones commerciales centrales. En conséquence, certains tronçons accusent un léger retard. Cependant, il ajoute que nous verrons une augmentation significative des réalisations vers la fin du mandat.
Selon Jean-Baptiste Hamonic, vice-président délégué de la communauté d'agglomération aux mobilités durables et maire (Modem) de Villepreux, il y a eu très peu de personnes qui ont refusé de participer à Saint-Quentin-en-Yvelines. L'élu souligne la période importante de consultation et de collaboration avec les douze maires et les associations. La Fédération française des usagers de la bicyclette indique également être très sollicitée par de petites communes et intercommunalités.
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