Gabriel Attal, ministre de l'Éducation nationale, a dévoilé aujourd'hui un ensemble de mesures visant à améliorer le niveau des élèves français. Son plan consiste à modifier les programmes scolaires, à instaurer des groupes de niveaux et à réintroduire les redoublements. Il s'est engagé à créer plusieurs milliers de postes d'enseignants au collège.
Par mes propres mots:
Par Marie-Christine Cor
Les résultats de l'étude Pisa de l'OCDE sont décevants. Gabriel Attal les utilise opportunément pour présenter son plan pour l'éducation, du primaire au lycée. Le ministre de l'Éducation nationale s'est rendu au collège Charles Péguy à Paris pour exposer ses mesures visant à améliorer le niveau des élèves et à rétablir des attentes plus élevées. Cette initiative est destinée à susciter un bouleversement dans l'apprentissage.
Gabriel Attal a rejeté la faute sur le gouvernement actuel en un mot. Il a souligné que les mauvais résultats du classement Pisa étaient attribuables au quinquennat Hollande. Tout comme après l'édition Pisa de 2018, il a emprunté les paroles de son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer, en exprimant sa volonté de lutter également contre le risque de "fracture scolaire".
Les programmes ont été révisés, mais les approches ont changé d'un mandat présidentiel à l'autre. Gabriel Attal préconise la formation de groupes de niveau et réintroduit le redoublement. On s'attendait à une pluie de critiques : le projet est qualifié de conservateur ou archaïque. Cependant, ces mesures sont bien accueillies par la droite, qui estime qu'elles vont dans la bonne direction. Gabriel Attal espère également qu'elles séduiront les Français de classe moyenne qui se détournent de l'école publique, parfois en faisant d'énormes sacrifices.
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Les contenus des programmes scolaires seront révisés afin d'être plus clairs. Cette révision sera effectuée en septembre 2024 pour les élèves de maternelle, CP, CE1 et CE2, et un an plus tard pour ceux de CM1 et CM2. Tous les élèves de CP et CE1 recevront un manuel de lecture et de mathématiques financé par le ministère de l'Éducation nationale. Ces manuels seront certifiés par un label.
Malgré les critiques acerbes de ceux qui soulignent que seul le gouvernement de Vichy a remis en question la liberté de choix des manuels scolaires par les enseignants, Gabriel Attal continue à avancer sur ce sujet.
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Le ministre propose de réintroduire le redoublement, qui est actuellement très peu courant. Ce seront désormais les enseignants, et non les parents, qui décideront en dernier lieu. Il ne sera donc plus question de faire passer les élèves à tout prix dans la classe supérieure. Pour les élèves en grande difficulté, les enseignants pourront autoriser une promotion conditionnelle (avec soutien scolaire, stages de réussite pendant les vacances scolaires…) ou les faire redoubler.
Gabriel Attal soutient qu'il est préférable de réussir l'école primaire en six ans plutôt que d'échouer en cinq. Guislaine David, secrétaire générale du principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, a exprimé sa frustration face au retour des anciennes méthodes.
Au collège, il est prévu de mettre en place des groupes de niveau. Cette réforme, qui débutera en 2025 pour les élèves de 6e, puis en 2026 pour les 5e, 4e et 3e, vise à transformer le collège en un lieu d'apprentissage plus stimulant. Les programmes scolaires seront également revus, en particulier pour le français et les mathématiques. Dans tous les collèges, les élèves de chaque classe seront répartis en trois groupes en fonction de leurs compétences dans ces deux matières.
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Pour ceux qui s'opposent à la mise en place des groupes de niveau, Gabriel Attal explique qu'il en a discuté avec Andreas Schleicher, connu comme le "père" de l'étude Pisa, qui "conseille" l'organisation de groupes pour les matières fondamentales. Il souhaite prendre exemple sur la Suisse, la Suède et le Danemark. De plus, il s'engage à former davantage de professeurs à la pédagogie différenciée, conformément aux recommandations de l'OCDE. Son entourage précise qu'il ne s'agira en aucun cas de former des groupes permanents inefficaces.
Les écoles les plus en difficulté auront des groupes d'élèves limités à environ quinze élèves. Cette mesure sera principalement appliquée dans les établissements de l'éducation prioritaire. Elle s'inspire de la méthode de division des classes les plus petites. Les groupes de niveaux seront mis en place en septembre 2024 pour les élèves de 6e et 5e année. Pour les élèves de 4e et 3e année, cela se fera à la rentrée de 2025.
Un test d'admission pour le lycée
Les étudiants qui ont des difficultés importantes auront également plus de cours de français et de mathématiques, au détriment d'autres matières, en accord avec les enseignants et les parents. Jérôme Fournier, secrétaire national du syndicat SE-Unsa, déplore le fait que cela restreindra certaines options pour ces étudiants.
Ainsi, il sera nécessaire de recruter davantage de professeurs afin de s'occuper en priorité de ces petits groupes. Gabriel Attal s'engage déjà à augmenter le nombre de postes au collège de plusieurs milliers.
Le brevet sera également considéré comme un test d'admission au lycée. Les élèves qui ne réussiront pas passeront par une classe de transition appelée "prépa lycée", qui fait le lien entre le collège et le lycée, qu'il soit général, technologique ou professionnel.
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Au lycée, dès septembre 2025, les élèves qui seront en première générale devront passer une nouvelle épreuve anticipée de culture mathématique et scientifique à la fin de l'année. Gabriel Attal propose de créer une épreuve commune avec deux sujets différents, l'un pour les élèves ayant suivi la spécialité mathématiques et l'autre pour ceux qui ont suivi les cours du tronc commun.
En matière de mathématiques, la France décidera d'adopter la méthode de Singapour, qui est classée en première position dans le classement Pisa. Cette méthode préconise de privilégier l'approche concrète avant de passer à l'aspect visuel et ensuite à l'abstrait. Cette décision entrera en vigueur à partir de la rentrée scolaire de 2024.
Afin de changer l'image traditionnelle de l'école et de répondre aux critiques, Gabriel Attal souhaite généraliser l'utilisation de l'intelligence artificielle. Cette technologie permettrait de proposer des exercices adaptés au rythme d'apprentissage de chaque élève. Selon l'Elysée, ces mesures font suite à l'action du président de la République, bien que le concept d'une "école du futur" ne soit plus évoqué dans les discours officiels.
Marie-Christine Corbier
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