Après les inondations dévastatrices, le Pas-de-Calais doit maintenant faire face aux conséquences désastreuses. La situation est loin d'être résolue, mais les dégâts sont déjà considérables pour les habitants, les collectivités, l'agriculture et les entreprises. Les coûts à venir s'annoncent très élevés.
Par mes propres mots:
Marc Leroy, vice-président combatif de la chambre de commerce et d'industrie Littoral Hauts-de-France, est préoccupé par les possibles départs d'entreprises de la zone de la Liane, située dans l'agglomération de Boulogne-sur-Mer. Dans tout le département du Pas-de-Calais, des inondations impressionnantes se produisent en raison de fortes précipitations exceptionnelles, atteignant en moyenne 280 litres de pluie par mètre carré. Les régions du Boulonnais (autour de Boulogne-sur-Mer) et de Saint-Omer (à environ quarante kilomètres au sud de Calais et Dunkerque) ont particulièrement souffert des crues de la Canche, de la Liane et de l'Aa.
La facture totale s'annonce énorme. Xavier Bertrand, le président de la région, a averti sur BFMTV qu'elle serait certainement de plusieurs milliards. Les dommages sont partout. Il est nécessaire de déclarer l'état de catastrophe naturelle pour 214 communes du Pas-de-Calais et 30 communes du Nord. Des milliers de maisons ont été touchées. La région et le département ont d'ailleurs annoncé qu'ils prendraient en charge ensemble la franchise catastrophe naturelle, qui s'élève à 380 euros par dossier. Rien que dans le Pas-de-Calais, la moitié des 6 000 kilomètres de routes ont été affectés par les inondations, avec des infrastructures restées sous l'eau pendant quinze jours.
Depuis un certain temps déjà, nous posons des questions et nous attirons l'attention sur ce problème. Cependant, personne ne sait qui est responsable et chacun se décharge de sa responsabilité.
Les entreprises ont également subi de graves dommages. Aucun secteur n'a été épargné. On trouve ici une usine de carton qui a dû être évacuée. Là, une ferme piscicole a perdu 75 tonnes de truites. Ailleurs, des bungalows de camping sont maintenant inhabitables, un restaurant avec deux étoiles au Michelin est inondé, et une boulangerie avec un four flambant neuf a été complètement détruite… Plusieurs acteurs majeurs sont touchés, tels que SBE, une grande entreprise de réparation de téléphones mobiles, ou Roger Delattre, un expert en charpente métallique.
Une équipe spéciale
C'est également le cas de l'entreprise dirigée par Marc Leroy, qui est une imprimerie utilisant la technique de l'héliogravure appelée SIB. L'entreprise a perdu des centaines de tonnes de papier et a dû s'arrêter, laissant 135 employés sur 150 en chômage technique. Le vice-président de la Chambre de Commerce et d'Industrie estime que sa propre perte s'élève à plusieurs millions. Il déclare : "Nous n'avons jamais connu de crues comme celles-ci, et là, nous en avons eu trois en douze jours". C'est un coup dur de plus après l'augmentation des coûts de l'énergie, dans un contexte déjà difficile pour le secteur. Cependant, des collègues belges et un espagnol devraient lui permettre, temporairement, de respecter ses commandes.
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La Chambre de Commerce et d'Industrie des Hauts-de-France, en collaboration avec l'Etat et le conseil régional, estime qu'au moins 400 entreprises sont touchées. Cette équipe, qui dispose d'un centre d'appels, vise à offrir un point de contact unique pour toutes les entreprises victimes des inondations. Dans la région de Boulogne-sur-Mer, la seule zone d'activité de la Liane a été touchée par plusieurs crues consécutives. "Plus de 90 entreprises sont concernées, ce qui représente entre 1 500 et 2 000 emplois. Certains de nos membres ne pourront pas reprendre leurs activités avant plusieurs mois", explique Franck Hélias, délégué général du Medef Côte d'Opale.
La semaine dernière, Emmanuel Macron s'est rendu sur les lieux avec sa femme et trois ministres (Transition écologique, PME, Agriculture), suivi de près par Elisabeth Borne deux jours plus tard, afin de montrer la solidarité nationale. Le président a annoncé un fonds d'urgence de 50 millions d'euros, en plus des 10 millions d'euros décidés par le département du Pas-de-Calais. Il a également promis un fonds de 80 millions d'euros pour soutenir le secteur agricole, qui sera étendu aux régions Bretagne et Normandie en raison des tempêtes récentes. "Nous allons soutenir nos agriculteurs en compensant les pertes de production exceptionnelles ou de matériel et en réduisant au maximum leurs propres dépenses", a-t-il assuré. Pas moins de 2 500 hectares de terres agricoles ont été inondés, mettant en péril la fin de la récolte de betteraves, tandis que plusieurs élevages laitiers et les serres des maraîchers de Saint-Omer ont été dévastés.
« Ce n'est pas suffisant »
Selon Joël Duquenoy, président de la communauté d'agglomération du Pays de Saint-Omer, bien que le fonds de l'Etat soit utile pour répondre à l'urgence, il est clair que cela ne sera pas suffisant. Une évaluation des dégâts est actuellement en cours et il est estimé que des millions d'euros seront nécessaires pour retrouver une vie normale, notamment en ce qui concerne la réparation des voiries endommagées. Au-delà des intempéries, la question des responsabilités devra être rapidement abordée. François Lavallée, président de la CCI Littoral, soulève des problématiques liées à l'aménagement du territoire et à la gestion des cours d'eau.
Marc Leroy exprime son indignation envers les conséquences nuisibles de la complexité administrative, qui entrave la gestion efficace des cours d'eau. Depuis longtemps, il pose des questions et tire la sonnette d'alarme. La rivière Liane est recouverte d'un mètre de limon sur trois kilomètres. Des solutions ont été évoquées mais rejetées. Personne ne sait qui est responsable et tout le monde se renvoie la responsabilité. Il craint que les assureurs refusent de couvrir les risques dans cette zone. La capacité des entreprises à anticiper les risques climatiques est également remise en question. Une récente étude du cabinet Goodwill Management a révélé que, même si les grandes entreprises savent s'organiser, les petites entreprises sont encore trop vulnérables face aux risques climatiques, avec des pertes économiques potentiellement très lourdes.
Titre: Une renaissance impressionnante de l'industrialisation à Dunkerque
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Olivier Ducuing (Journaliste basé à Lille)
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