Les Républicains (LR) ont décidé de mettre fin aux discussions avec Emmanuel Macron. Après La France Insoumise (LFI) et le Parti Socialiste (PS), LR a déclaré ce mardi qu'il ne participerait pas à la troisième réunion à Saint-Denis avec le président, qui était prévue pour vendredi. Cela marque un avertissement sérieux avant l'arrivée du projet de loi sur l'immigration à l'Assemblée.
Par les auteurs Grégoire Poussielgue et Jacques Paugam
Est-ce que l'initiative politique d'Emmanuel Macron perd de son ampleur ? Après Olivier Faure, premier secrétaire du PS, et Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, Eric Ciotti, président des Républicains, a annoncé mardi dans une interview au Figaro qu'il ne participera pas à la prochaine réunion avec le président à Saint-Denis, prévue ce vendredi. Il refuse d'être utilisé comme une simple opération de communication.
Lors d'une réunion stratégique privée la semaine dernière, il avait soutenu la politique de boycottage face à l'exécutif. Un membre du parti Les Républicains pense qu'Eric Ciotti a cédé aux positions extrêmes. En août, Emmanuel Macron a appelé longuement le chef des Républicains pour l'inviter personnellement à une première rencontre. À l'époque, une partie de la droite critiquait cette initiative de l'Élysée, la qualifiant de "piège". Bruno Retailleau, chef des sénateurs LR, mettait en garde en disant que discuter ne coûte rien mais ne change rien.
« Je ne peux pas comprendre pourquoi vous ne soutenez pas l'idée d'une unité républicaine pour lutter contre l'antisémitisme et pourquoi vous voulez également promouvoir un prétendu message d'unité à Saint-Denis. Cela me semble contradictoire », explique Eric Ciotti dans une lettre qu'il a envoyée à l'Elysée. L'absence d'Emmanuel Macron à la marche de dimanche est mise en avant comme argument.
Le député Aurélien Pradié, qui s'oppose fermement au gouvernement, est satisfait du mouvement de contestation après avoir régulièrement encouragé à ne pas y participer. Il souligne qu'il était initialement seul à exprimer cette position, mais qu'il est maintenant beaucoup moins isolé. Il précise également qu'il a été destitué de ses fonctions de vice-président exécutif des Républicains l'année dernière.
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Gérard Larcher, qui occupe le poste de président des Républicains au Sénat, devrait participer à une discussion sur la décentralisation et sur la possibilité d'élargir le champ du référendum. Selon les membres des Républicains, qui ont proposé une révision constitutionnelle sur l'immigration, il s'agit d'une manœuvre trompeuse de l'Élysée pour essayer de séduire la droite.
Hervé Marseille, qui est à la tête de l'UDI et joue un rôle important au sein de la majorité sénatoriale, sera également présent. Dans l'après-midi, ce parti de centre droit a adressé une petite critique amicale envers son principal partenaire au Sénat : "Dans une société inquiète, il est plus que jamais nécessaire d'avoir un dialogue républicain." Le RN, les écologistes, les communistes, ainsi que les autres partenaires de la majorité, ont prévu de se rendre à Saint-Denis.
Attention?
Ce matin, tout le monde a remarqué la présence de Laurent Wauquiez lors de la réunion hebdomadaire des députés LR. Même s'il n'a rien dit à ce sujet, le candidat potentiel du parti à l'élection présidentielle pourrait vouloir reprendre le contrôle juste avant l'examen du projet de loi sur l'immigration, après avoir subi une perte d'influence lors de l'épisode des retraites. Il est difficile d'imaginer qu'Eric Ciotti ait pris cette décision sans son approbation.
Le refus d'Eric Ciotti représente un sérieux revers pour Emmanuel Macron. Ce qui fait la force des Rencontres de Saint-Denis, c'est la participation de toutes les forces politiques au Parlement. Lors de la première session le 30 août, elles avaient toutes répondu présentes tout en étant incertaines quant à l'impact de ces rencontres. Gilles Le Gendre, député Renaissance de Paris, déplore que les Rencontres de Saint-Denis aient été submergées par l'actualité, alors qu'elles étaient censées être au-dessus de tout cela. Cela signifie que leur base est trop incertaine et floue pour atteindre leur objectif. Le Conseil national de la refondation, lancé par Emmanuel Macron après sa réélection en 2022 pour favoriser le consensus, n'avait pas non plus atteint son objectif avant les Rencontres de Saint-Denis.
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L'absence des membres du parti Les Républicains (LR) est perçue comme un avertissement, quelques jours avant l'arrivée à l'Assemblée du projet de loi sur l'immigration. Après avoir été approuvé par le Sénat grâce aux sénateurs du parti LR et des centristes, qui ont rendu le texte plus strict, le projet de loi sera confronté à son véritable test au Palais-Bourbon à partir du 11 décembre. Un membre de la majorité estime que cela ne présage rien de bon quant aux intentions d'Eric Ciotti envers la majorité.
L'Elysée a répondu en disant que les portes de cette réunion seront ouvertes à tous les invités jusqu'à vendredi, en réaction à la décision d'Eric Ciotti.
Lors de la réunion de vendredi, les sujets abordés incluent notamment l'état actuel des affaires internationales, en particulier la montée des actes antisémites en France due à la guerre entre le Hamas et Israël, ainsi que les discussions sur l'expansion du domaine du référendum. Cependant, LR considère que le dernier point est prioritaire et souhaite organiser un référendum sur l'immigration.
Les auteurs de cet article sont Jacques Paugam et Grégoire Poussielgue.
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